Qu’est-ce que Meghan Markle représente pour les jeunes filles noires de Grande-Bretagne ?

Credit Jack Taylor/Getty Images

Le mariage de l’année aura lieu le 19 mai prochain, à Windsor. C’est hallucinant comment les choses vont si vite. C’est un évènement à ne pas rater et je suis convaincue que des milliers de téléspectateurs se retrouveront devant l’écran pour enfin voir le Prince Harry se marier. Tous les pronostics sont ouverts : quel sera le créateur chanceux de la robe de mariée de Meghan Markle ? Un designer américain ou britannique ? Qui accompagnera la mariée à l’autel ? Y aura-t-il des invités issus de la diversité ? C’est marrant parce que ce ne sont pas forcément le genre de questions que nous nous sommes posés pour le mariage de Kate et William. Les enjeux sont différents de son ainé, mais la frénésie reste à son apogée. Un mariage princier est un évènement heureux pour les Britanniques. Je suis toujours tiraillée par la question identitaire, je n’y peux rien, c’est un sujet qui me passionne : comment sommes-nous décrit dans les médias à cause ou grâce à une couleur de peau ? Le taux de mélanine est-il un facteur important ou pas ? Si Meghan avait été plus foncée, est-ce qu’elle serait devenue l’épouse du Prince Harry ? J’ai lu ce merveilleux papier paru dans le New York Times d’Ellen Barry, What Meghan Markle Means to Black Britons. Il m’a aidé à comprendre les enjeux de cette union et de son impact positif sur la nouvelle génération de jeunes filles noires en Grande-Bretagne. Je le recommande à ceux et celles qui veulent en savoir davantage sur ce sujet. Meghan est américaine, divorcée, actrice et métisse, autant de qualificatifs qui en disent long sur l’impact politique que ce mariage représente aux yeux du monde, un monde en ébullition où les violences à l’encontre des minorités raciales ne semblent pas diminuer. L’union d’Harry et de Meghan aura-t-elle vocation de susciter, d’apaiser ou encore de donner aux minorités raciales la possibilité d’avoir une voix supplémentaire dans l’espace public ? La presse aime énumérer les caractéristiques qui la différencient de la roturière Kate Middleton. Je n’ai pas le sentiment que Meghan ait besoin de dire quoi que ce soit à ce sujet, sa nouvelle fonction de duchesse lui interdisant de parler de politique et de prendre position. Sa seule présence devrait être la preuve de notre existence dans des instances autrefois interdites d’accès. La journaliste américaine, installée à Londres, pose un regard intelligent, à travers le portrait d’une londonienne noire de 11 ans, sur ce que l’on a pu lire jusque-là sur la famille royale et sur Meghan Markle : Qu’est-ce que Meghan Markle représente pour les jeunes filles noires de Grande-Bretagne ? Etant donné que d’un point de vue américain, Meghan est afro-américaine et bientôt dans la famille royale, ce papier tente de mettre en exergue les conséquences de son entrée dans la famille royale. Avec le Brexit, le pays se tourne progressivement vers un protectionnisme aberrant. Dans un pays qui se ferme de plus en plus, cette donnée n’est pas négligeable. Son rôle est bien sûr symbolique et en tant que symbole, a-t-elle pour mission d’être un porte-voix pour la diversité ?

Sang noir, sang royal ?

@meghanmarkle @vanityfair

Les choses prennent une tournure inattendue. L’interprète de Rachel Zane de Suits s’est exprimée, pour la première fois, sur sa relation avec le prince Harry dans l’édition américaine d’octobre de Vanity Fair. Meghan Markle n’est sans doute pas la plus grande actrice au monde, Harry ne sera bien sûrement jamais roi mais peu importe. Meghan Markle a chopé le célibataire le plus convoité de Grande-Bretagne. Silencieuse depuis le début de leur idylle, le choix d’une publication internationale n’est peut-être pas un hasard. La communication verrouillée de Kensington Palace n’est pas un mythe non plus, s’exprimer un peu trop, pas le moment opportun peut se payer cher. Lady Diana en savait quelque chose et n’en avait que faire. La reine prépare l’après-Elisabeth II et semble ne plus avoir envie de faire les mêmes boulettes qu’auparavant vis à vis de la génération suivante. Une génération qui véhicule désormais l’image d’une famille royale plus unie, plus ouverte, plus décontractée, sans scandale et où les gens s’aiment VRAIMENT. Meghan a tout d’une Kate bis : philanthrope, réservée, intelligente, chic et un merveilleux gage de modernité afin de séduire les sujets de la reine friands de contes de fées. Le fait que Meghan soit une métisse afro-américaine change-t-il la donne ? Bien sûr, elle ouvre le débat sur la place de la diversité raciale dans l’une des familles couronnées les plus médiatisées de la planète. La royauté britannique donne l’exemple (calculé ou pas), et ça, ce n’est pas peu de choses.