Virgil Abloh a-t-il réussi là où Kanye West s’est planté ?

Virgil Abloh

Les marques de luxe aiment jouer aux chaises musicales alors quand on aperçoit du sang frais on s’y accroche. En tout cas, la nouvelle me semble positive. Le créateur américain d’origine ghanéenne, Virgil Abloh, est sur toutes les bouches et semble avoir brisé ce plafond de verre, du moins en apparence. Pas de noir lors des défilés, ou peu, pas de créateurs issus de la diversité à la direction artistique de grandes maisons… le slogan était toujours le même. Est-ce un simple coup médiatique ? Est-ce que Virgil Abloh vaut vraiment le coup ? Louis Vuitton a fait le pari. En le nommant à la direction artistique de sa ligne homme, LVMH dit deux choses : son approche est en accord avec le marché actuel et surtout que Kanye West est à la ramasse. Personne ne le dit, mais soyons honnêtes, c’est la première chose qui m’est venue en tête, mais que fout Kanye ? Où en est le Louis Vuitton DonArchitecte de formation, DJ et styliste, il était surtout reconnu comme étant le bras droit du rappeur, également originaire de Chicago, Kanye West. Il a d’ailleurs été nommé aux Grammy’s pour la pochette de Watch The Throne de Jay Z/Kanye West. Le créateur de Chicago a fait plus que ses preuves et peut se targuer d’avoir à son actif, sans trop faire de vagues, des collaborations réussies avec Ikea, Nike, Levi’s, Vans

Est-ce un simple coup médiatique ? Est-ce que Virgil Abloh vaut vraiment le coup ? Louis Vuitton a fait le pari. En le nommant à la direction artistique de sa ligne homme, LVMH dit deux choses : son approche est en accord avec le marché actuel et surtout que Kanye West est à la ramasse. Personne ne le dit, mais soyons honnêtes, c’est la première chose qui m’est venue en tête, mais que fout Kanye ? Où en est le Louis Vuitton Don ?

Off-White, son label milanais a décollé en peu de temps et depuis, Virgil dîne désormais avec les grands dignitaires de la mode française, connue pour être la plus intransigeante de la planète. Le natif de Chicago a créé un label qui lui ressemble, un label avec une voix. Je vous arrête tout de suite. Je sais que la comparaison est facile, nan, mais il y a un monde entre Olivier Rousteing chez Balmain et Virgil Abloh, même si la question raciale est toujours sous-jacente dans l’industrie de la mode, son parcours reste l’un des plus atypiques. Ses créations sont discutables et c’est ce que j’aime parce qu’elles donnent matière à amorcer le dialogue. Au fond, qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Qu’attendons-nous de lui à part peut-être être le premier créateur de couleur à la tête de la ligne homme de Louis Vuitton ? Tout ce que Virgil touche se transforme en or, n’a-t-il pas rendu Kanye West ringard ?Off-White a ce côté ordonné que Yeezy n’a pas. Trop sulfureux, trop sûr de lui, trop transparent, trop Kim Kardashian, trop tout court…

Je sais que la comparaison est facile, nan, mais il y a un monde entre Olivier Rousteing chez Balmain et Virgil Abloh, même si la question raciale est toujours sous-jacente dans l’industrie de la mode, son parcours reste l’un des plus atypiques. Ses créations sont discutables et c’est ce que j’aime parce qu’elles donnent matière à amorcer le dialogue.

Kanye West, malgré des soutiens de choix tels que Riccardo Tisci, ancien D.A. de Givenchy désormais chez Burberry, je vous l’avais dit chaise musicale, de la Fashion director at-large chez Vogue Nippon, Anna Dello Russo ou encore Carine Roitfeld, connue pour être Carine de Roitfeld, ne suffisent pas à asseoir son statut de créateur, car ses collections ne proposent pas une vision à la fois réaliste et novatrice qu’on attend de son génie auto-proclamé. Son côté imprévisible et cette faculté à faire le buzz dans le vide ne font pas un créateur sur le long terme, une fashion victim, peut-être. Virgil a réussi là où Kanye a échoué, car il représente cette symbiose parfaite et pas forcée entre hip hop, streetwear et luxe. Etre adoubé par LVMH, c’est ce qui lui manquait pour prouver qu’il est bien plus qu’un trait d’union, mais bel et bien une valeur sûre. La nomination de Virgil Abloh met en exergue les inconsistances créatives de son ami, Kanye West et ses nombreuses rivalités dont celle avec Jay Z.

Le Power Suit à la Dua Lipa

IDGAF – Dua Lipa

Je ne pense pas qu’IDGAF soit la chanson du siècle, c’est peut-être même une chanson hyper banale, tellement ça sonne déjà-vu. Mais en 2018, et cela depuis quelques années, nous écoutons la musique avec les yeux, alors disons que le cahier des charges a été respectée. La vidéo comptabilise plus de 50 millions de vues sur YouTube. Pour arriver à ce résultat, la chanteuse britannique, d’origine albanaise, a fait appel à la crème de la créativité. Vous n’allez pas me dire que l’on ne sent pas la patte artistique de Mosaert et de la chorégraphe Marion Motin ? C’est simple, recherché, pop et arty. Réalisé par Henry Scholfield, Dua se bagarre avec Lipa dans un Power Suit. Le costume, ici accompagné d’une chemise raccourcie, est une pièce indémodable du dressing masculin-féminin. Le créateur d’Off-White, Virgil Abloh, l’a compris, les filles veulent le pouvoir et pour cela, rien de mieux qu’adapter des pièces du vestiaire masculin aux proportions féminines. Le génie de son styliste, Lorenzo Posococo, c’est d’avoir outrepassé l’étape quasi-inévitable de la chanteuse pop se muant en pop star sexualisée, en lui proposant une image proche de la guerrière des temps modernes. Le concept est fluide et presque révolutionnaire. Je veux dire par là que Stromae a toujours eu du flair. Au fond, IDGAF nous rappelle que tout le monde devrait avoir un Power Suit !