Les comparses de « Noire n’est pas mon métier » sur les marches de la 71ème édition du Festival de Cannes

Crédits : Getty Images/John Phillips

Lire ces témoignages m’ont fait me sentir moins seule. Les voir monter les marches de la 71ème édition 2018 du Festival de Cannes m’a profondément ému. « Noire n’est pas mon métier », ce livre coup de poing compile les témoignages de 16 comédiennes, initiée par Aïssa Maïga, il nous invite à comprendre les discriminations sous un autre angle, pas du tout victimaire. En France, le racisme envers les femmes noires est insidieux et institutionnalisé. Les discriminations autant bien au niveau médical, comme le cas de la mort scandaleuse de Naomi Musenga dont le Samu de Strasbourg n’a pas pris en compte l’urgence de l’appel, fait émerger la question de cette évaluation biaisée de la douleur ou encore dans les divers milieux professionnels où nous ne sommes tout simplement pas représentées. Je pense qu’on ne le dira jamais assez, nous sommes dans une époque charnière dans la lutte des inégalités raciales dans notre pays. Cet évènement symbolique ne peut et ne doit pas occulter ce que nous vivons réellement au quotidien. Ce geste symbolique signifie à ceux et celles qui l’avaient oublié que nous sommes bien là, les filles de femmes de ménage, d’aide-soignantes, d’auxiliaires de vie et tous les emplois dits invisibles, serviles et précaires se rebiffent et viennent réclamer leurs droits les plus fondamentaux. Je les remercie pour ce geste qui, je l’espère, n’est pas seulement une sortie médiatique pour l’égalité des sexes, mais enfin le début d’une prise de conscience et la pleine reconnaissance de ces aberrations que sont le sexisme et le racisme dont nous souffrons simultanément en France.