Stencia Yambogaza / Rencontre avec une passionnée qui fait rimer danse et photographie

Stencia a un truc. Un truc difficile à décrire au premier abord et c’est sûrement ce qu’elle s’amuse à rechercher chez l’autre. Ce truc qui nous caractérise. Ce truc qui nous rend spécial. Ce truc qui n’a pas réellement de nom mais, qui nous appartient. Un je-ne-sais-quoi d’unique. Avec sa série photo intitulée « Beautiful People : What Is Beauty ? », la beauté, de son point de vue, devient diverse sans forcément être cul cul. Parfois, elle se manifeste par un rire, un regard, un mouvement… Danseuse, photographe et Perebisou, Stencia Yambogaza n’est définitivement pas comme les autres. Son compte Instagram abonde de clichés grave léchés. On aimerait tout lui voler : son style, sa désinvolture et son assurance. A seulement 23 ans, Stencia ne danse pas comme les autres, ne photographie pas comme les autres et ça fait un bien fou. Membre de la House of Yamamoto, elle apparaît dans la campagne Adidas Originals x Urban Outfiters, le label américain hyper branché, une ode décomplexée au voguing. Entre Lyon et Paris, la slasheuse s’est prêtée au jeu des questions-réponses et AWK Studio est content.

Perebisou

Qui est Stencia Yambogaza alias Perebisou? Ah ah, très bonne question. Stencia et Perebisou sont les mêmes personnes finalement ! Ce qu’il faut retenir, c’est que je suis une jeune femme de 23 ans originaire de Lyon, nomade entre Lyon et Paris. Et surtout que je suis photographe et danseuse. « perebisou » c’est la Stencia photographe, et puis Stencia, c’est l’artiste dans sa globalité (oui, je parle de moi à la troisième personne). Tu es danseuse et photographe, quel est le lien selon toi entre ces deux disciplines ? Ce sont deux choses foncièrement différentes pour moi : la danse, c’est l’expression du corps, parfois avec l’esprit. C’est le lâcher-prise total, c’est se reconnecter avec soi-même et se connecter avec les autres en même temps. C’est parler, sans dire un mot. La photographie, c’est capturer une fraction de seconde, et transmettre quelque chose. Cependant, la chose qui lie la photographie à la danse, c’est le ressenti. Au final, on ressent les choses aussi bien en dansant qu’en prenant une photo ou en la regardant. 

Cependant, la chose qui lie la photographie à la danse, c’est le ressenti. Au final, on ressent les choses aussi bien en dansant qu’en prenant une photo ou en la regardant. 

J’ai lu dans la bio que tu appartenais à la House of Yamamoto. J’ai tout de suite pensé au film « Paris is Burning » et à la culture Voguing, est-ce le cas ?  La New Fashion House of YAMAMOTO, c’est le nom de ma « Vogue Family », de ma House. Mon Father, c’est Aviance YAMAMOTO, et ma Mother, c’est Rim YAMAMOTO. Nous sommes une House Européenne, c’est-à-dire qu’il y a le Paris Chapter (dont je fais partie avec Hanabi YAMAMOTO, Hakeem YAMAMOTO et Jesus YAMAMOTO) et dont Rim est la Mother. Et il y a le European Chapter et les membres sont un peu partout en Europe : Italie, Suède, UK, République Tchèque, Allemagne, etc. J’ai intégré la House en mai dernier et l’on a fait notre sortie officielle lors du Awards Ball en juillet dernier. 

Tu peux m’expliquer ce qui se cache vraiment derrière la House of Yamamoto ? Pour être honnête, la House est arrivée au moment parfait : j’étais en période de transition, je venais de me faire virer de mon école (thug life) et je devais gérer pas mal de choses pas très cool. Intégrer la House m’a permis de relever la tête, d’aller de l’avant et d’apprendre de nouvelles choses qui me servent au quotidien. Et c’est un choix que je ne regrette pas. On est comme une vraie famille maintenant : on a nos moments de joie et nos moments de galères, on a nos coups de gueule et nos moments de tendresse. Et c’est ça qui est cool. Je m’y retrouve parce que au-delà du Vogue, on se sert les coudes dans la vraie vie. Et ça, c’est beau. 

Intégrer la House m’a permis de relever la tête, d’aller de l’avant et d’apprendre de nouvelles choses qui me servent au quotidien. Et c’est un choix que je ne regrette pas.

Une apparition dans une publicité Urban Outfitters et Adidas, qu’est-ce que cela représente pour vous de faire partie d’un projet aussi high level ? Comment sont-ils venus vous trouver ? C’est assez cool ! Même très très cool ! C’est ma Mother (Rim YAMAMOTO) qui, étant la chorégraphe du projet, m’en a parlée. Mon profil a plu et puis… voilà. Je garde de cette journée de très bons souvenirs : c’était vraiment le feu, on s’est tapé de grosses barres toute la journée, l’équipe d’UO était vraiment cool, non franchement très bon souvenir ! Quels sont vos projets (expositions, spots publicitaires…) pour la suite ? Je prépare la fin et le début de l’année doucement mais très sûrement ! Il y a pas mal de choses sur le feu pour 2018, je préfère ne pas trop en parler pour le moment mais j’en parlerai très prochainement sur mes réseaux sociaux !

Perebisou

Comment est né le projet « Beautiful people, What is beauty » et pourquoi il t’a paru important de te lancer ? J’ai commencé le projet « Beautiful People : What Is Beauty ? »en 2015, au moment où j’allais m’installer à Paris. En fait, ce projet est né d’une réflexion faite à force de traîner sur Instagram : j’avais envie de comprendre l’essence de la beauté. Les réseaux sociaux c’est cool, mais très souvent cela contribue à nous renvoyer une image faussée de soi et la comparaison avec l’Autre est très facile. Grâce à ce projet, j’ai compris que la beauté pouvait être beaucoup de choses : une personne, un sentiment ressenti spontanément, un élément immatériel, ou même une chose, une grimace. A travers ce projet, j’ai envie de partager ma perception de la beauté et montrer qu’elle n’a pas qu’un seul aspect/visage. La beauté a plusieurs couleurs, plusieurs formes, plusieurs cultures. Elle se trouve aussi dans nos imperfections, dans les choses que l’on n’aime pas chez soi, dans notre vulnérabilité aussi, dans le fait de lâcher-prise…