Soleil bleu

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Une réelle épiphanie comme il m’en arrive peu. Je suis fascinée par la pureté de la carnation de Duckie Thot qui vire un tantinet vers le bleu sur la couverture. Son taux de mélanine pète les scores. Le mannequin australo-soudanais est l’illustration même du raisonnement absurde de l’industrie. En négligeant allègrement de glorifier la différence, les mannequins noirs sont considérés comme étant des porte-manteaux interchangeables. Elle s’est trompée dès le départ, la beauté ne peut pas être standardisée. Il n’en existe pas une seule mais bien une multitude. Je suis fascinée par la diversité des teintes de noir. Je crois qu’il compte autant de teintes de noir que de noirs sur cette planète. C’est intéressant, la manière dont la lumière embrasse la couleur de la peau pour ne plus vouloir s’en séparer. En fait, c’est magique et magnétique. Cette couverture est magique et magnétique en tous points. Je comprends désormais mieux la fascination que suscite le simple fait d’être noir parce qu’il s’agit, avant tout, d’une histoire d’amour exclusive avec le soleil. Paper Magazine est illuminé par un soleil bleu.