Florelle Manda a appris à s’aimer et ses locks y sont pour quelque chose

Florelle Manda est une pile électrique. Pétillante, rafraichissante et énergique, Florelle s’éclate au côté de son binôme également locksé, Malika Jean-François, avec leur projet commun : Génération CUP. J’ai réussi à la choper, entre plusieurs déplacements. Après un des posts les plus émouvants et les plus sincères qui m’ai été donné de lire sur Instagram, j’ai voulu la rencontrer en personne. J’ai trouvé son statement génial et intéressant. Journaliste, femme de médias et entrepreneuse, Florelle exprime son amour pour ses locks et son histoire entre deux continents, l’Europe et l’Afrique et entre plusieurs cultures, à la fois française, sénégalaise et congolaise. Nous avons pris rendez-vous à deux pas de République, au Lézard Café, 32 rue Etienne Marcel dans le 2ème arrondissement. Nous avons longuement discuté d’estime de soi, de ses locks bien sûr, mais également de médias autour d’un déjeuner plutôt tardif.

Florelle Manda – AWK Studio

J’ai toujours eu une idée assez réductrice des locks puis, j’ai découvert la musique de Lauryn Hill et toute son imagerie à des années-lumière de tous ces clichés. En gros, elle a normalisé les locks. Quand as-tu décidé de franchir le pas ? Quand est-ce que tu t’es dit que c’était le moment ? Le style rasta est une religion, un style connoté, une philosophie de vie, les locks aujourd’hui est une coiffure, une coiffure que l’on peut faire à tout moment et non une chose mainstream que l’on fait pour être à la mode, durant une période. Mon histoire avec les locks a débuté il y a quatre ans, en 2013. Je n’ai jamais été fan des rajouts synthétiques et brillants à utiliser pour se faire des locks, de fausses locks à mettre directement sur la tête de par la qualité et le visuel qui donnait un résultat très faux, donc j’ai directement sauté le pas en les faisant directement sur mes propres cheveux. Aujourd’hui j’ai 37 ans, mais depuis mes 15 ans je désirais avoir des locks. Ma mère avait des amis musiciens qui en portaient, et je trouvais ça beau, je trouvais que ça donnait de l’allure, cela m’attirait mais, je ne me suis pas lancée plus tôt car, je me disais que c’était sûrement une coiffure très lourde à porter. Les locks me représentent, représentent mes origines, ce que je suis, toutes ces choses qui m’ont bâti. Les locks définissent ma vie et mon identité. En étant moi et vraie, c’est ce style qui me convient peu importe les dires.

Ma mère avait des amis musiciens qui en portaient, et je trouvais ça beau, je trouvais que ça donnait de l’allure, cela m’attirait mais, je ne me suis pas lancée plus tôt car, je me disais que c’était sûrement une coiffure très lourde à porter. Les locks me représentent, représentent mes origines, ce que je suis, toutes ces choses qui m’ont bâti. Les locks définissent ma vie et mon identité. En étant moi et vraie, c’est ce style qui me convient peu importe les dires.

As-tu l’impression de t’être enfin trouvée, de te sentir bien dans ta peau et de te sentir belle ? Plus on grandit, plus on prend conscience de qui on est, plus on cherche aussi à savoir qui on est parce que c’est important pour s’aimer et pour avancer. C’est vraiment le processus de toute une vie. C’est une chose dans laquelle je suis en plein apprentissage. Lorsque tu grandis et que tu te sens à part, tu dois te démarquer par le tempérament, par un grain de folie, un peu et beaucoup d’égo. Il y a aussi le manque de confiance en soi qui nous pousse à aller chercher la validation des autres, mais finalement c’est ta propre validation que tu trouves. J’ai l’impression que le fait d’avoir eu des locks c’était pour me trouver, m’accepter et m’aimer. Il y a eu un boom sur les cheveux naturels et on oublie souvent que les locks sont des cheveux naturels. Petit à petit, les locks s’installent mais il devrait y avoir plus de produits afin que les locks soient aussi considérées comme un atout dans l’univers beauté de la femme. Est-ce que tu as eu des remarques négatives quant à ton nouveau look ? Comment réagis-tu généralement ?  Non, c’est ce qui est génial en France. On ne te dit jamais rien, on te fera peut-être comprendre. Souvent, en me rencontrant les gens sont assez surpris. Ils s’attendent à voir une autre personne car, on considère que j’ai une voix de blanche (rires). Je ne savais même pas qu’ils existaient des voix de noires ou de blanches. Je n’ai jamais vraiment eu de remarques explicites, sauf une fois, lorsque j’avais des braids box dans une de mes videos démo. J’ai pu avoir un commentaire comme quoi mes tresses faisaient trop « noire » alors que je suis noire ! Peu importe ce que l’on fait dans la vie, si une personne veut nous critiquer, elle nous critiquera. C’est dur à dire, mais elle trouvera toujours quelque chose. Lorsqu’une personne décide d’être un hater ou d’être de mauvaise foi, elle le sera. Les locks, aujourd’hui, c’est tendance ! C’est tendance et c’est chouette. Toutes ces personnes qui se disaient « anti locks » se permettent de mettre de faux locks aujourd’hui. Moi, je n’ai jamais voulu en porter alors plutôt en avoir avec mes propres cheveux, sans avoir à les enlever. Au début, mes locks ont eu du mal à se former de suite car, mes cheveux très fins. Au début, ça ressemblait plus des vanilles. De toute façon, je me suis toujours fait remarquer par mes cheveux.

Lorsque tu grandis et que tu te sens à part, tu dois te démarquer par le tempérament, par un grain de folie, un peu et beaucoup d’égo. Il y a aussi le manque de confiance en soi qui nous pousse à aller chercher la validation des autres, mais finalement, c’est ta propre validation que tu trouves. J’ai l’impression que le fait d’avoir eu des locks c’était pour me trouver, m’accepter et m’aimer.

Quelque part, te sens-tu déterminée par ta coiffure, par tes cheveux ? Pas tout, comme la chanteuse India Arie le dit « I’m not my hair », donc pas tout. J’ai décidé de les porter comme ça, mais ce n’est pas du tout mes cheveux qui déterminent la personne que je suis, c’est simplement un aspect de mon être. Quand j’ai commencé à laisser mes locks se former, il y avait des questions venant de membres de ma famille : « Quand est-ce que tu vas les enlever ? », »Tu ne vas jamais les enlever? »… Le processus est long. Etant adolescente, comme j’ai pu le dire, je n’ai pas sauté le pas. Je ne sais pas vraiment si c’était la peur ou autre, mais un jour, tu as le déclic et tu te coiffes de façon à avoir des locks. Tu fais tout ce qui à faire pour avoir des locks, parce que l’idée est ancrée dans ta tête. Parfois tu penses voir des résultats, mais en fait, non. Tu dois passer des étapes, même pour tes cheveux. Un ami a essayé de m’en dissuader en me disant que c’était beaucoup d’entretien, qu’il faut faire attention à tout, au soin, à la coloration… Mes cheveux sont colorés pour ma part. Je prenais déjà soin de mes cheveux, mes amis le savaient donc j’avais un peu l’habitude de cette routine capillaire. Tu redécouvres tes cheveux, mais tu découvres aussi que toutes les coiffures que l’on voit, sont ceux que l’on voyait dans nos manuels scolaires. En Egypte antique, les gens en portaient, mais également en Afrique et en Asie. Pour moi, ce sont les coiffures de rois.

Lézard Café – 32 Rue Étienne Marcel, 75002 Paris

Est-ce que tout cela te reconnecte-t-il avec ta propre histoire ? Je veux juste être moi. Je ne veux pas être dans telle ou telle catégorie de femmes. Je trouve que ça donne de l’allure et je ne m’imagine pas autrement, ça fait partie de moi. Tout ce qui est en rapport avec l’histoire c’est la cerise sur le gâteau. Ce n’est pas anodin, mais je n’en fais pas tout un poème. Ce sont simplement de petits rappels pour rappeler aux gens de connaître l’histoire de leurs origines et de leurs terres. Comme parfois mes tantes me font la remarque : « Mais, tu ne te défrises pas les cheveux ? », je leur rappelle un peu leurs photos de jeunesse, là où elles avaient leur afro, des cheveux trop beaux, en leur demandant qui leur a dit de défriser leurs cheveux, à elles (rires). Parfois on me dit que dans tel pays, cette coiffure correspond à telle catégorie de personnes. Comme au Congo-Kinshasa, cette coiffure est considérée comme la coiffure des personnes fumant, ayant une vie compliquée (les shégués = enfants de la rue). C’est un challenge de se dire que je vais faire ce métier et que j’aurais une visibilité avec cette coiffure. Je me demande si, ce côté-là n’est pas plus francophone parce qu’en Amérique ce n’est pas le cas. La réalisatrice et productrice Ava DuVernay a de très jolies locks et, on en fait pas tout un plat.

Tout ce qui est en rapport avec l’histoire, c’est la cerise sur le gâteau. Ce n’est pas anodin, mais je n’en fais pas tout un poème. Ce sont simplement de petits rappels pour rappeler aux gens de connaître l’histoire de leurs origines et de leurs terres. Comme parfois mes tantes me font la remarque : « Mais, tu ne te défrises pas les cheveux ? », je leur rappelle un peu leurs photos de jeunesse, là où elles avaient leur afro, des cheveux trop beaux, en leur demandant, qui leur a dit de défriser leurs cheveux, à elles (rires).

Y a-t-il une communauté autour du locks avec tes amis, tes connaissances ou proches comme cela peut être le cas avec ta collaboratrice de Génération CUP, Malika Jean François, qui en porte également ? Non du tout, Malika je l’ai connu avant d’avoir des locks, mais aujourd’hui les gens nous définissent par nos locks. Certains pensent que nous sommes soeurs, alors que ce n’est pas du tout fait exprès et comme j’aime le dire, il n’y a pas de hasard. Un jour quelqu’un m’a dit qu’on ne faisait jamais de locks par hasard, il y a toujours une raison. Pour moi, je n’ai pas encore découvert quelle était la raison, sûrement l’acceptation de soi ou la valorisation de soi. Je trouve que cela m’a rendu plus féminine. J’aime prendre le contrepied en m’habillant élégamment alors que mes locks eux ne sont limite pas coiffés, ils vivent leur vie. C’est un peu atypique, l’incompatibilité fait la beauté. Ma mère m’a dit que cela m’allait très bien. A partir du moment où, ma mère m’a dit que ça ne la dérangeait pas, qu’elle était ok, je l’aurai quand même fait, mais le fait d’avoir son approbation ça m’enlève un poids. Le reste du monde aurait pu parler, mais je m’en contre fiche. Elle a ajouté autre chose en disant : « Ca te va très bien et avec toi, j’ai appris qu’on pouvait faire plusieurs coiffures avec ». C’est souvent : « Non moi, je ne peux pas faire de locks vu que j’aime bien changer de tête », tout en oubliant qu’il est possible de les coiffer, de les boucler, de les attacher, de même mettre une perruque et/ou faire un tissage. C’est possible de les défaire sans forcément les raser, en fonction de la manière dont tu les as faites.

C’est la faute à Jenna Lyons

Ragamuf

Je ne comprenais pas pourquoi les gens étaient heureux de montrer leurs intérieurs. J’avoue qu’il suffit de regarder celui de Jenna Lyons pour ne plus vouloir sortir de chez soi. Je trouvais cette tendance banale et bizarrement, aujourd’hui je suis obsédée d’intérieurs. Après la visite de son ancienne maison de ville à Brooklyn, l’ex-présidente et directrice artistique de J.Crew a ouvert les portes de son loft de Soho, à New York, au T magazine, Jenna Lyons’s Space of Her Own. Son sofa vieux rose en velours est une tuerie. Je suis donc partie à la recherche d’une chaise cool à défaut de pouvoir acquérir un sofa vieux rose. En fouinant sur les internets, j’ai découvert Ragamuf. En plus d’être plus abordable que le sofa de mes rêves dictés par ceux de Jenna Lyons, chaque housse de chaises est unique, éthique et pop. L’entreprise finnoise s’engage à employer des femmes syriennes pour produire ces merveilles à partir de surplus textiles. Il n’y a pas plus grand sentiment que de se sentir bien chez soi, car chaque objet représente un pan de soi, une histoire, une envie, un souvenir… Désormais, j’apprécie que les objets aient un sens. Ce sont les joies de la trentaine, je suppose. Apprendre à ne plus accumuler, ne plus paraître et connaître ses goûts. Je crois que c’est également valide en terme de décoration intérieure. Et au fur et à mesure, les choses qui nous paraissaient banales deviennent importantes comme passer du temps en famille autour d’une grande tablée, apprécier un bon film emmitouflé dans un plaid en laine et rire à gorge déployée.

Mum’s Handmade, thérapie câline

Mum’s Handmade

C’est le temps idéal pour se lover dans un tricot. Avec le froid qui fait, je privilégie tout ce qui est douillet. Christina et Andreas l’ont compris, cosy est le nouveau sexy. Mum’s Handmade a été créé en 2013 par le duo grec originaire de Thessalonique. C’est intéressant de montrer une autre facette de la Grèce. On a longtemps été martelé par sa crise dite monumentale, par les récits de cette jeunesse fuyant le pays pour aller chercher une vie ailleurs en Europe ou encore par les destins tragiques de migrants, eux aussi venus chercher une vie meilleure, dans les médias. En oubliant, qu’ils existent des initiatives heureuses et surtout, locales. Sans réelle publicité, les modeuses de la planète s’arrachent les tricots oversize de la griffe hellénique. Faits mains, avec amour par une horde de mamans grecques, c’est surement la définition du cosy qui semble la plus cohérente. Naturellement, Instagram a été pris d’assaut. Disponible en ligne, il vous faudra patienter, les belles choses prennent du temps. Christina, la co-fondatrice, a répondu à nos questions.

Qui est Mum’s Handmade ? Andreas et moi, Christina. Dans la vie comme dans les affaires, nous formons un couple. Nous avons 34 ans, tous les deux. Comment le concept est né ? Le concept nous est venu en observant nos mères. Andreas a pensé : « Tiens, nos mamans tricotent pour nous, pourquoi ne pas créer un e-shop et vendre ces superbes créations créées par nos mamans ? ». Nous avons pensé qu’il serait intéressant de développer un business autour de cette idée et depuis nous embauchons des mamans de toute la Grèce. Vos produits sont exclusivement créés par une horde de mamans de la Grèce entière, comment organisez-vous tout ça ? Nos produits sont 100 % faits mains. Des mères de toute la Grèce travaillent à domicile et elles nous envoient les tricots finis. Nous n’avons pas vraiment d’usine car, nous n’utilisons pas de machine à proprement dite. Nous sommes installés dans des locaux assez grands pour pouvoir y intégrer un studio photo, des bureaux, une zone d’emballage, un endroit où stocker les tricots et entreposer la laine, un espace destiné à l’apprentissage des modèles, un autre espace réservé à la couture et une salle de contrôle qualité. Je ne sais pas si nous pouvons considérer nos locaux comme une usine, mais pour nous, c’est simplement chez nous.

Pour Mum’s Handmade, « cosy » c’est forcément grand, chaud et mignon. C’est également une sensation, ce qu’on ressent quand on nous fait un câlin, dans un grand tricot douillet et une tasse de thé face à la cheminée.

Considérez-vous Mum’s Handmade comme une entreprise éthique ? Etait-ce le but de départ ? Je ne sais pas trop pour le côté commerce équitable. Ce que je peux te répondre, c’est que nous sommes fières d’attester que tous les tricots vendus par Mum’s Handmade sont fabriqués main en Grèce. En choisissant d’acheter un tricot original de Mum’s Handmade, vous permettez à nos tricoteurs locaux d’avoir un salaire décent afin de les soutenir, eux et leurs familles. La Grèce n’est pas considérée comme une pays froid, comment sont vos hivers ? La Grèce n’est pas connue comme un pays froid. En réalité, nous avons beaucoup de montagnes et nos hivers durent, en moyenne, de 3 à 4 mois donc ils nous arrivent d’avoir froid, qu’il neige et que les gens aillent faire du ski ou du snowboard. Avec Mum’s Handmade, nous ciblons une clientèle internationale. Quelle est votre définition de « cosy » ? Pour Mum’s Handmade, « cosy » c’est forcément grand, chaud et mignon. C’est également une sensation, ce qu’on ressent quand on nous fait un câlin, dans un grand tricot douillet et une tasse de thé face à la cheminée.

Google Home Mini, la démocratisation de la flemme ?

Google Home Mini

Google Home Mini est petit, rose et mignon. Il est partout et semble être le cadeau de noël par excellence. Son design passe facilement inaperçu et ajoute un élément de déco à un intérieur un peu fade. Pour faire court, le Google Home Mini est un assistant qui sait tout sur tout. Il informe sur la météo, le trafic routier, éteint les lumières, ferme les volets, cherche une série… Google vante ces fonctionnalités, en toute normalité, de cette petite enceinte intelligente afin d’éviter l’écueil Total Recall. A coup de films dans le genre, on s’imaginait que dans les années 2000, les voitures voleraient, que le cerveau humain serait aspiré par une machine et que nous serions tous des robots dénués de coeur. Tous ces objets dits intelligents se démocratisent et s’insèrent avec simplicité dans notre quotidien, pour le meilleur et pour le pire. Dans la forme, Google a compris que nous voulions des objets peu envahissants qui améliorent le quotidien mais est-ce que le Google Home Mini est utile et inoffensif ? Au-delà de l’esthétisme épuré et attrayant, je m’interroge sur son caractère intrusif, car il brasse une quantité énorme de données personnelles qui renseigne sur les habitudes et la vie intime des utilisateurs et ça, c’est flippant. Etant une fille des années 90, qui servait de télécommande vivante, qui attendait le 20 h de France 2 pour savoir comment se saper le lendemain, qui glissait un CD dans une chaine hi-fi et/ou qui lisait des livres pour se cultiver, le procédé semble tout de même étrange. Je pense réellement que la technologie doit avoir ces moments et, dans la limite du possible, il est préférable d’aller chercher l’information par soi-même. Bien entendu qu’il nous arrive tous d’avoir la flemme. La flemme d’éteindre les lumières quand on est au chaud dans son lit. La flemme de sortir son téléphone ou d’allumer son ordinateur pour chercher une chanson sur Spotify mais je crois qu’il est aussi intéressant que la génération suivante apprenne à ne pas tout savoir sur tout et surtout, s’efforcer à faire malgré la flemme.