Kelis Rogers, l’enfant terrible du style

L’ex de Nas est la personnification de l’anticonformisme à l’état pur, une anthologie modesque à elle toute seule. A 38 ans, Kelis a tout expérimenté avant les minettes de la pop culture comme côtoyer le so hype Pharell Williams bien avant qu’il fasse le malin avec Lupita Nyong’o, combiner effrontément le rnb et l’electro, s’hasarder dans les mélanges d’imprimés tribaux et rigolos, expérimenter les colorations capillaires tendance seapunk, provoquer pour provoquer et surtout être l’une des premières à succomber à la fameuse coupe garçonne attribuée à tort à Rihanna. La pauvre, on a lui tout pompé. Rendons à Kelis ce qui appartient à Kelis, sérieux !

@coveteur

L’interprète de my milkshake brings all the boys to the yard, que je fredonnais avec plus ou moins d’assurance, a toujours été une valeur sûre musicale et stylistique. La plus européenne des américaines a donné vie au son particulier des Neptunes. Il y a de ces associations qui marqueront le R’n’B US à jamais, le son Aaliyah et Timbaland mais également le son Kelis et The Neptunes. Novateur, unique, visionnaire, il a impacté une décennie. C’était biologique voire naturel. Kelis a ce charisme, cette bad attitude, cette nonchalance, qui rappelle aujourd’hui, dans une moindre mesure, Rihanna. Elle avait tout bon dès le début, peut-être un peu trop tôt.

Kelis a ce charisme, cette bad attitude, cette nonchalance, qui rappelle aujourd’hui, dans une moindre mesure, Rihanna. Elle avait tout bon dès le début, peut-être un peu trop tôt.

Tout lui va. Vous l’aurez noté les cheveux chez Kelis, c’est une histoire d’amour sans bornes, fidèle à son afro, il est travaillé pour l’occasion en une cascade de grosses boucles accompagnée d’une pagaille de robes cintrées, de lunettes papillon à la Jackie O et de cils à la Betty Boop. Un style années 60 revisité que les suiveurs pourront copier à volonté. Vous l’aurez noté les cheveux chez Kelis, c’est une histoire d’amour sans bornes, fidèle à son afro, il est travaillé pour l’occasion en une cascade de grosses boucles accompagnée d’une pagaille de robes cintrées, de lunettes papillon à la Jackie O et de cils à la Betty Boop.

Motivée par l’envie de poser sa propre griffe, son approche créative est empreint d’une très grande sincérité, sans réelle motivation marketing. Quitte à être ridicule, elle ne lâche rien. Faut l’avouer, son délire « statue de la liberté sous amphèt’ tombée dans un pot de peinture et affiliée à un gang d’Indiens d’Amazonie », c’était limite flippant. Certes la folie lui va si bien, c’est d’ailleurs le ciment de sa carrière mais elle a trop poussé pour le coup. Flesh Tone a été un virage à 200 degrés, dont seule une Lady Gaga peut mainstreamiser. Après ce désastre oculaire et ce passage à vide mérité, j’avais oublié à qu’elle point Kelis est un canon intergalactique. 

Kelis a un dressing à l’image de sa discographie, complètement dérangée avec pour seul fil conducteur son impulsivité. Chaque album est une totale immersion dans son univers singulier, témoignant de son irrévérence fashion.

The Coveteur nous l’a donc rappelé. En ouvrant, sa caserne d’Ali Baba au magazine en ligne, on s’aperçoit promptement que l’artiste a un dressing à l’image de sa discographie, complètement dérangée avec pour seul fil conducteur son impulsivité. Chaque album est une totale immersion dans son univers singulier, témoignant de son irrévérence fashion. Celle qui s’est mariée en robe verte, peut tout enfiler. Connue pour être complètement allumée, le tutu rose et t-shirt avec la cochonne déculottée prouvent que la chanteuse ne s’est pas assagie.

Le rêve africain selon Sarah Diouf

Sarah Diouf est la personnification de l’entrepreneure par excellence et une militante invétérée du rêve africain. Je suis tombée sur son vlog par pur hasard. Sa vie me fait rougir de jalousie. On a juste l’impression qu’elle ne dort jamais et surtout qu’à côté, elle nous fait passer pour des petites joueuses. Sarah fait 10 000 choses à la fois et le fait bien. Je suis personnellement fan de la qualité des visuels de son magazine Noir, de sa marque Tongoro , de tout ce qui tourne autour d’Ifren Media et de sa vie publique, du moins ce qu’elle nous laisse voir.

Sarah Diouf

Dans ces petits morceaux du quotidien, Sarah nous fait part de ses frustrations, des réels challenges que représentent l’entreprenariat au Sénégal et surtout sur sa résilience à faire de Tongoro, un Asos made in Africa. On a pu apercevoir son fameux it-bag, le Mburu bag (il m’en faut un !), dans Insecure ou encore, la polémique autour du vol dudit sac par le label de haute couture française, Yves Saint Laurent. Les vidéos sont joliment réalisées, tout en restant fidèle à son esthétique. Je suppose, d’ailleurs, que nous ne voyons que les prémices du rêve qu’elle a en tête. Je suis admirative de son travail fourni, de sa vision classe, épurée et très parisienne en fin de compte.

L’image est primordiale, et « vendre l’Afrique », consiste avant tout à véhiculer une image moderne, séduisante et esthétique d’un continent que l’on a longtemps dévalué.

Je crois que Sarah a compris une chose qui n’échappe à personne, l’image est primordiale, et « vendre l’Afrique », comme j’aime le dire, consiste avant tout à véhiculer une image moderne, séduisante et esthétique d’un continent que l’on a longtemps dévalué à coups de grandes affiches sur les guerres, la famine et la pauvreté… Et, je lui suis reconnaissante sur cela. J’ai eu l’occasion de l’interviewer pour mon premier papier pour le Monde Afrique, « L’Afro-muppie, une working girl hyper-connectée« . Son discours n’a pas changé, pas d’un chouia.

Je vous avouerais que j’ai longtemps été sceptique. Comment peut-on tout mener de front ? Le rêve africain existe-t-il vraiment ? Je sais que cette question peut paraître naïve ou encore, négative mais c’est exactement ce que j’en ai pensé en voyant tout ça. Sarah est indéniablement une It Girl, et non pas dans le sens hyper restrictif de ce que cela représente. Elle est consciente de l’ère dans laquelle nous vivons et met à profit tout ce qu’elle peut lui procurer au service de son business. Et, c’est du génie. Sarah est par ce biais le produit d’une jeunesse issue de la diaspora décomplexée, ouvert sur le monde et une ambassadrice de charme pour le Sénégal.