Le plaidoyer sans fin de Jay-Z

T Magazine – Henry Taylor

L’interview de Jay Z par le journaliste Dean Baquet est édifiante. La couverture est illustrée par l’artiste afro-américain, Henry Taylor. Dans cette longue entrevue pour le T Magazine du New York Times, la conversation tourne autour de nombreux thèmes tels que le racisme, l’affaire O.J Simpson, la musique, sa relation fraternelle compliquée avec Kanye West, ses enfants et ses diverses infidélités. Petit afro, t-shirt blanc, jean cartonné et blanches baskets, l’artiste et businessman semble à l’aise. Entendre l’un des mecs les plus riches du hip-hop, qui vit la plupart du temps sur un yacht au large de la côte italienne, exprimer ses faiblesses et faire son mea-culpa, c’est intéressant. Généralement plutôt discret, sûrement parce qu’il sait que sa voix est hilarante, il joue le jeu et défend, avant la cérémonie des Grammy’s où il est nommé dans la catégorie « Album de l’Année », son projet le plus personnel de sa carrière, 4:44. Pourquoi les médias sont-ils fascinés par la vulnérabilité du rappeur originaire de Brooklyn et de son couple ? Durant l’entretien, il expose les raisons qui l’ont poussées à être infidèle et annonce, par le plus grand des hasards, un album en collaboration avec sa femme, Beyoncé. Difficile de ne pas le ressentir comme une opération séduction, un repentir qui ne nous concerne pas. Le public est friand d’histoires intimes et une sorte de commerce se profile derrière tout ça. En tant que femme, bien sûr que je trouve que c’est moche. Son attitude envers son épouse, la fameuse Beyoncé, a été nulle. Elle a choisi de lui pardonner, de faire un album confessional écrit avec l’aide d’une cinquantaine de personnes, une tournée mondiale et de lui faire deux enfants. L’histoire devrait être close, nan ? Le couple, autrefois opaque, semble avoir changé de stratégie, celle de nous faire croire qu’ils sont comme nous, qu’ils nous comprennent et qu’au fond, nous avons tous les mêmes problèmes, riches comme pauvres, beaux comme moins beaux ou encore noirs comme blancs. L’incident de l’ascenseur avec Solange, qui a eu lieu en 2014, n’était pas censé être public. Jay Z a trompé Beyoncé, pas toi et ni moi, mais j’ai le sentiment qu’ils vont surfer sur cette histoire encore un long moment.

Le British Vogue par Edward Enninful

AWK Studio

Ici, le British Vogue a été lu et relu. On l’a saigné. Dès l’édito, Edward Enninful pose les bases. British Vogue sera britannique ou ne sera pas. De l’écrivaine, Zadie Smith, en passant par sa pote de toujours et top internationale, Naomi Campbell, partie interviewer le Maire de Londres d’origine pakistanaise, Sadiq Khan, à l’heure du Brexit, séquence épique et une flopée de mecs et meufs de la mode anglaise. Il nous replonge dans les archives du magazine afro-américain, Ebony. Comme tout droit sortie des années 70, Adwoa Aboah se la joue caméléon. Souvent associée au look garçonne, sur la couverture, elle a ce truc qui rend le cliché du photographe Steven Meisel intemporel. Edward Enninful dégaine l’artillerie lourde qui consiste avant tout à sélectionner la crème des crèmes anglaises nées et/ou grandies en Grande-Bretagne. On sent cette volonté d’enracinement territorial, culturel et politique. C’est un pari audacieux dans l’ère du numérique où les personnalités Instagram ont pris le pouvoir. Le brassage qu’il nous avait promis y est. C’est beau, cohérent, inclusif et irrévérencieusement anglais. Le premier numéro Vogue du premier rédacteur-en-chef d’origine ghanéenne était attendu et il n’a pas déçu. Un retour aux fondamentaux de la part d’Edward Enninful qui puise allègrement dans l’esthétique et la fraîcheur de cette décennie et de ce que la Grande-Bretagne sait faire de mieux. Tout est savamment sélectionné, rien n’est laissé au hasard. Vogue British se recentre sans forcément exclure et les autres éditions devraient en prendre de la graine. Un must have 2017.

Les conseils capillaires de Vernon François

J’entretiens une relation compliquée avec mes cheveux naturels. Ce n’est pas toujours facile mais j’apprends à les aimer. J’ai fait la connaissance des produits de Vernon François en trainant sur Net-à-Porter. Vernon François est un coiffeur britannique dément qui tend à ouvrir le champ des possibles pour tous types de cheveux et ainsi proposer des produits pour chacune de ses problématiques. Ces produits sont également disponibles sur Vernon François et/ou sur Sephora.com. Les packagings sont simples et les pictogrammes permettent de savoir à quel type de cheveux les produits correspondent. Vernon François est le coiffeur d’Elaine Welteroth, la redac chef de Teen Vogue à la crinière de lionne, de l’actrice de Scandal, Kerry Washington ou encore, de l’actrice kényane Lupita Nyong’o… ça, c’était seulement pour le name dropping. Il m’a paru important de le contacter. Vernon a pris le temps de répondre à toutes mes questions grâce à l’aide précieuse de son assistante de choc, Amber Davies.

Allure

Il y a cinq ans, j’ai arrêté de me défriser les cheveux cependant j’ai toujours du mal à aimer leur texture naturelle. Quelle est la plus grande erreur que font les filles aux cheveux crépus ?  Ce que je constate c’est que les gens utilisent le défrisage afin d’échapper à la vraie problématique : comment prendre soin de ses cheveux. Aucune texture n’est plus difficile à apprivoiser qu’une autre. Comprendre ce qu’il est possible de réaliser avec sa vraie texture de cheveux permet d’avoir une relation positive avec celle-ci. Cela passe par connaître les bons produits et surtout, comment, où et quand les appliquer, avoir les bons outils, les bonnes techniques et reconsidérer ses attentes. C’est pour cette raison que j’ai créée la section LEARN sur mon site. Qu’aimez-vous dans le cheveu texturé ? Les cheveux sont des cheveux. Ils sont tous structurés de la même façon. La différence réside dans la texture, qu’ils soient bouclés, crépus, ondulés, lisses, abimés ou la combinaison de toutes ces catégories. Les individus avec des carnations différentes auront forcément une texture capillaire différente. Mon travail sur les cheveux crépus et bouclés est souvent mis en lumière mais j’aime m’attaquer à tous types de textures. J’apprécie les différentes formes que les cheveux texturés et bouclés peuvent prendre, comment on le ressent mais également comment ils restent en place, comment ils tiennent et évoluent avec le temps, car même un petit frisottis fait partie de la personnalité d’un type de cheveux. Vous aurez une meilleure relation avec vos cheveux si prenez conscience de tout cela et que vous l’acceptez. 

Aucune texture n’est plus difficile à apprivoiser qu’une autre. Comprendre ce qu’il est possible de réaliser avec sa vraie texture de cheveux permet d’avoir une relation positive avec celle-ci. Cela passe par connaître les bons produits et surtout, comment, où et quand les appliquer, avoir les bons outils, les bonnes techniques et reconsidérer ses attentes.

Je porte des tresses la plupart du temps comment puis-je prendre soin de mes cheveux ? Et à propos des locks ? Quand les cheveux sont coiffés, il faut s’assurer que les tresses ne sont pas trop serrées à la racine. Les tractions répétitives engendrent une perte de cheveux et une réduction des cheveux sur les tempes. Ils peuvent également créer des tensions sur le cuir chevelu et causer de la sécheresse. Il est important de les laisser respirer tous les deux à trois mois en changeant de coupe, par exemple. Garder son cuir chevelu hydraté est primordial, mais surtout éviter les produits gras qui obstruent les pores. Une huile naturelle légère fera l’affaire. Elle nourrira, traitera et sera absorbée de la racine à la pointe et c’est bien mieux. Ma gamme de produits propose Scalp Nourishment Braids and Locs Spray ou encore Overnight Repair Treatment Oils. Dormir avec les cheveux couverts d’un bonnet pure soie pour les garder hydrater afin que les tresses et/ou les locks durent plus longtemps et s’emmêlent moins. Pour les locks, je vous suggère d’aller faire un tour sur Sephora.com et VernonFrancois.comAvez-vous remarqué une différence de routines entre les Afro-françaises et les Afro-américaines ? Difficile de généraliser les routines capillaires en fonction de la localisation. Aujourd’hui, nous voyageons tous beaucoup sans compter les réseaux sociaux qui inspirent et éduquent à une très grande échelle. Ils élargissent constamment la conversation autour du cheveu. Pour moi, les cheveux sont des cheveux et généraliser d’un point de vue géographique n’est plus valable de nos jours.

Inspiration look / The Supremes – la robe à sequins

The Supremes

Les années 60, une décennie que j’affectionne d’un point de vue culturel, politique et mais, également du point de vue de la libération de la femme. Ils seront à tout jamais marqué par la Motown et sa soul aseptisée. Les Supremes sont l’archétype par excellence du groupe féminin, la recette qui a cartonné et qui continue à inspirer les producteurs. Les paroles sont niaises, pas trop profondes, les refrains sont répétitifs, les déhanchements sont chaloupés et les tenues sont hors du commun, tout a été fait pour plaire à un public mainstream, à la fois noir et blanc. Et ça, c’était nouveau à l’époque. Je voue une certaine admiration pour les groupes féminins, pour l’économie qu’ils génèrent mais également pour l’image qu’ils projettent de la femme moderne. Que ce soit TLC, Destiny’s Child, les Spice Girls ou encore les Supremes, elles ont marqué les esprits avec leurs uniformes à la fois coordonnés et travaillés selon la position attribuée. Aujourd’hui, on sent un retour de l’esthétisme des années 60, du clinquant et de l’ostentation avec un naturel à la Diana Ross. A AWK Studio, on ne voulait pas s’éloigner de la base et on a bien sûr imaginé un total look Supremes. Une robe à sequins accompagnée de lèvres nudes, d’un regard de biche souligné d’un crayon blanc et de cils XXL pour ouvrir l’oeil au maximum et d’un bob archi-bouffant, impossible de la porter autrement. Je sais que ça peut paraître superficiel cependant The Supremes ont su personnifier ce style à la perfection à un tel point que la robe à sequins fait partie des intemporels des fêtes de fin d’années. Tout est dans l’exagération et ça, ne se démode pas.  Balmain, Tom Ford, J.Crew, Asos… toutes les marques proposent sa propre version du sequin. Tantôt en bottes, en pantalon, en petites touches pour le jour ou rétro-futuriste en robe longue pour le soir, le sequin n’a jamais quitté le vestiaire des fêtes de fin d’années et ça donne envie de s’y mettre.