FUCK YOU, FUCK YOU, FUUUUCK YOU

Seka

Chorégraphe et directrice artistique de la fanfare afro-féministes 30 nuances de noir-e-s, Sandra Sainte Rose et sa formation ont enflammé, ce week-end, La Villette. « FUCK YOU, FUCK YOU, FUUUUCK YOU », elles le répéteront sans sourciller et vêtues d’or et d’argent comme pour nous rappeler que briller, c’est également exister. Elles savent qu’elles ont plus de facilité à se faire entendre en chantant qu’en parlant. Cette organisation artistique a pour vocation d’ouvrir les yeux sur le manque de représentation de la femme racisée dans l’espace public. Dans une société qui ne les voit pas, elles ont décidé d’être vu et de faire autant de bruit possible. Pendant de 40 minutes, la formation revisite le répertoire de Fela Kuti, le musicien, militant nigérian et créateur de l’afro-beat, entre autres. Un combat permanent et une excellente initiative.

Azzedine Alaïa, le dernier grand couturier

Azzedine Alaïa

Qu’est-ce que nous savons réellement de la mode ? Je veux dire par là que la mode n’a rien intéressant à part, peut-être, les gens qui la font. Je crois qu’il est important de savoir bien s’habiller. Je crois aux vertus thérapeutiques d’une bonne sape. Cependant, je crois davantage qu’il existe des gens tellement amoureux d’autres gens, qu’ils sont prêts dédier leur existence au point de disparaître derrière leurs créations. L’attitude d’un grand couturier, petit par la taille mais grand en créativité a été celle-ci. Sa carrière a été brillante et son travail perdura. Les sandales et ses robes sculpturales Alaïa sont de pures merveilles. Les gens continueront de porter du Alaïa comme ils continuent de porter du Dior, du YSL, du Alexander McQueen… Mon hommage, ici, se doit d’être double. Il s’appelait Azzedine. Il a été sans-papiers. De nos jours, Azzedine est un prénom stigmatisé et d’une façon ou d’une autre, ça fait du bien de le lire accolé à un destin hors du commun. En tant que première génération, je suis fière que ce franco-tunisien ait gardé son identité et qu’il ne se soit pas caché derrière un blaze fancy ou d’aristo et ce, jusqu’à sa mort. C’est là que la mode prend tout son sens. Je n’ai pas connu Azzedine Alaïa personnellement et j’aurais aimé. Il y a tellement d’illustres personnes qui sont parties trop tôt, que j’aurais aimé rencontrer. Azzedine Alaïa a été et restera le symbole de la France que j’aime, une France gagnante. Je ne crois pas qu’il faille être grand, blanc, blond et/ou s’appeler tous les patronymes qui font bon genre pour avoir bon goût. Azzedine nous l’a prouvé et, je lui dis merci. Au revoir, Habibi !

Yeah! I’m that b*tch!

New York Magazine

J’aime Cardi B. Cardi B me met de bonne humeur. Cette semaine, la jeune femme de 25 ans a pris la pose pour le New York Magazine. Rien que ça. Les clichés sont signés Hassan Hajjaj. Le photographe marocain, surnommé l’Andy Warhol de Marrakech, a immortalisé l’ex-stripteaseuse, vineuse, star de télé-réalité et désormais rappeuse. C’est hyper bling-bling, clinquant, voire vulgaire à souhait. On sait tous que Cardi B n’incarne pas ce style épuré à l’européenne, cette simplicité à l’italienne et on ne lui demande pas cela. Elle est sûrement tout ce que l’on a longtemps rejeté, la fille des bas quartiers, mais on ne peut pas le nier, elle a un truc magnétique. Elle représente toutes ces filles paumées mais complètement délires du Bronx et ça fait du bien. Je n’ai pas écouté son morceau phare, Bodak Yellow, et les extraits que j’ai pu entendre ne volent, à mon sens, pas bien haut. Je ne pense pas que ce soit une rappeuse exceptionnelle malgré un numéro 1 au Billboard Hot 100. Au fond, on sent fout qu’elle mette b*tch à toutes les sauces, qu’elle ne sache pas prononcer la plupart des mots du dictionnaire ou qu’elle soit excessive, Belcalis Almanzar alias Cardi B est flamboyante, libre et cool et se fout de ce que l’on peut bien penser d’elle. Ce qu’on retient, c’est son visage, sa voix, on apprécie voir ses amygdales à chaque fois qu’elle sort la langue plus que ses divers talents cachés. Dans cette société où tout semble calculé dans les moindres détails, Cardi B propose que ce qui lui manque, de la spontanéité.

Inspiration Beauté / Minnie Riperton – Adventures in Paradise

Minnie Riperton – Adventures in Paradise

Les années 70 ont marqué à jamais l’histoire de la musique. En effet, c’est une décennie d’expérimentations et la discographie Minnie Riperton appartient à cette époque florissante. On sent la touche intemporelle dans ses productions. Partie à seulement 31 ans suite à un cancer du sein foudroyant, elle nous aura gracié avant son départ d’une ballade inégalable intitulée Lovin’ You sortie en 1975. Je ne pense pas qu’à l’époque, elle était consciente de l’impact qu’aurait eu sa courte carrière sur ses contemporains. Mariah Carey en est l’une des principales bénéficiaires ainsi que la chanteuse américaine, Tamia et dernièrement, Solange qui puise allègrement dans son vestiaire artistique. De Come to My Garden, en passant par l’inoubliable Perfect Angel et du plus mature Adventures in Paradise, elle expérimentait les styles et s’amusait avec son afro. Les visuels de Adventures in Paradise sont de loin les plus incroyables. L’afro y est orné de fleurs. Le regard est lumineux et romantique. Les lèvres sont à peine brillantes. Le teint est naturel et la mine rafraichissante. Minnie a posé les bases d’une soul teintée de funk, à la fois sensuelle, décomplexée et authentique. Elle a, également, su sortir son épingle du jeu en matière de beauté. Minnie aurait eu 70 ans. Une icône au style léger, frais et fleuri, partie trop tôt.