L’évangile selon André Leon Talley

Credit Ike Edeani for The New York Times

André Leon Talley est un personnage fascinant. Il n’a pas d’équivalent en France et dans le monde. Imposant, pour moi, il représente New York, ses excès, son snobisme et ce maniérisme so british. Il est un personnage récurrent voire omniprésent de la mode new-yorkaise que je trouve fascinante, divertissante et originale. Son approche de la mode est inventive et explosive. Je pense que Andre Leon Talley a su puiser cette flamboyance issue des églises noires de Caroline du Nord, où il a grandi. Ce personnage en haut en couleur considère sa grand-mère comme étant une de ses  influences majeures. On a tendance à croire, et moi la première, qu’il n’était que le sous fifre d’une rédactrice en chef, Anna Wintour, en désuétude, du grand magazine féminin au monde, Vogue US. Disciple de Diana Vreeland, il monte les échelons et devient un personnage incontournable. Il les a tous côtoyé, ces créateurs, ces photographes, ces stylistes, ces mannequins et ces pop stars dont il n’est pas avare de compliments. Il s’extasie toujours autant devant ce qui lui semble beau, « Perfect » comme il aime si bien le dire. André Leon Talley a cette fantaisie qui manquait face à sa rigidité, il a été le revers de la pièce, le côté pile. Ce serait injuste de ne pas lui attribuer toute cette influence qu’ Anna a pu bénéficier de sa part en coulisse, cet impact et cette fantaisie qu’il a apportée par sa présence indéniable dans l’industrie la plus cruelle au monde. Au-delà de ses commentaires tranchés en matière de style au gala du MET, ancien éditeur au Vogue US, membre du jury d’America’s Next Top Model, Fashion consultant pour Michelle Obama, je suis heureuse que sa vérité puisse enfin retentir. Réalisée par Kate Novack, prévu pour le 25 mai prochain, The Gospel According to André, retrace le parcours d’un jeune noir ambitieux, fantasque et original, qui venu de rien, ne rêvait que de mode. André s’y voyait déjà et il a été un précurseur pour nous et pour tant d’autres dont Edward Enninful, premier rédacteur en chef noir de Vogue UK.

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