La sape avait un ambassadeur, il s’appelait Daniele Tamagni

Daniele Tamagni – Vogue.it

Je suis profondément touchée par la disparition du photographe italien Daniele Tamagni. 2017 nous a pris de nombreuses personnalités dont je respecte énormément le travail. Des gens qui avaient un regard ouvert sur le monde et sur les autres. Son livre Gentlemen of Congo est un classique du genre. Il a été, pour moi et pour beaucoup, l’incarnation de la tolérance, de l’humilité et du partage. Son travail parle de lui-même. Iconoclaste, coloré et rafraîchissant, Daniele n’a pas vulgarisé la sape, non, il l’a introduit au commun des mortels et l’a fait entrer dans la pop culture. Il a mis en avant une culture moquée, incomprise, souvent dévaluée par l’Occident et l’a, ainsi propulsée au rang d’art à l’état pur. Ses travaux ont inspiré des designers tels que Paul Smith, la chanteuse Solange Knowles, qui a fait appel à lui pour son clip, Losing You et attiré le regard de nombreuses publications mainstream sur le mouvement de la sape. Atteint de la leucémie, il continuait, malgré son état, à proposer de nouveaux projets, à exposer ses photographies et à voyager à travers l’Afrique et le monde, à la recherche de nouvelles formes d’expression de l’individualité. Daniele était un photographe passionné et passionnant. Sa mémoire et son travail témoignent de sa versatilité et de son amour de l’originalité. Ciao Daniele.