Est-ce que les excuses excusent tout ?

Fashion Film Festival Milano

Après Coolest Monkey in The Jungle, je pensais que l’industrie de la mode avait compris la leçon. Du moins, compris qu’il y aurait une sorte de tolérance zéro vis-à-vis de toutes formes de dérapages racistes. La campagne de H&M a été offensante à bien des égards et je croyais qu’elle ferait office de leçon, non, de cours magistral sur les limites de l’ignorance. Alors, il y en a toujours une ou deux qui sèchent les cours. Miroslava Duma, influenceuse et entrepreneuse russe, a cru qu’il était bon de partager, à ses un million de followers sur Instagram, une note privée de sa compatriote et designer, Ulyana Sergeenko, avec comme inscription : « To my n*ggas in Paris ». Les explications pour justifier l’incident et les excuses qui s’en suivent me semblent bien trop légères. L’affaire Miroslava Duma est un cas sérieux de redoublement. Récidiviste de haute voltige, ce n’est pas la première fois qu’elle se trouve dans cette position, une position qu’elle connait assez bien et la toile n’a plus le temps avec ses conneries. Elle excelle dans l’art de s’excuser après coup. Quatre en plus tôt, une image sur son site de mode, Buro 24/7, avait fait polémique et déjà, ce n’était pas pardonnable. Elle était allée trop loin. Dasha Zhukova, l’ex-compagne du milliardaire russe Roman Abramovich et rédactrice en chef du magazine Garage prenait la pose, assise sur une chaise ressemblant à une femme noire dans une position avilissante. A cette époque, c’était irrecevable de sa part. Sa récidive montre juste qu’elle s’en tapait d’offenser qui que ce soit. Je me souviens avoir trouvé le cliché et les propos troublants et, j’en ai conclu que ces filles ne vivent pas dans le même monde que nous et le monde dans lequel nous vivons lui a bien fait comprendre que ce n’est plus possible. A la suite de l’incident de Mira, des offenses transphobes et homophobes ont également refait surface. Miroslava Duma le paye désormais très cher. Nasiba Adilova, co-fondatrice de The Tot, une plateforme éco-friendly pour enfants, se sépare d’elle. Toute personne pourvue de bon sens saurait que les propos racistes ne sont pas bons pour les affaires et qu’on ne peut pas blaguer avec des termes empreints d’un historique aussi douloureux. J’ai le sentiment que toute sa bande est déconnectée de la réalité, des réalités sociétales et qu’elles vivent dans une bulle. Mira a peut-être la mémoire courte, mais pas Internet.