Dapper Dan et Gucci, une love story qui a commencé par un vol…

@gucci

La collaboration soudaine entre Dapper Dan et Gucci sent le mea culpa à plein nez. J’aime la mode pour diverses raisons et bien sûr, je la déteste pour ces mêmes raisons. La mode ou plus précisément l’industrie de la mode est essentiellement élitiste. Cette vulgarisation me sidère. Comment peut-on puiser dans le génie d’un mec comme Dapper Dan qui a compris les besoins de sa clientèle exclue d’un point de vue économique, raciale et sociale et en faire une collection vendue à des midinettes incultes de la pop ? Qu’est-ce qui empêchait le directeur artistique, Alessandro Michele, de faire appel aux services de Dapper Dan au préalable et ainsi proposer une rétrospective de la culture hip hop des années 80 ? Et si les réseaux sociaux n’avaient pas pointé du doigt ce plagiat désinvolte ? Ce mec a créé le mouvement « Fresh », permettant à des afro-américains de se sentir stylés, existés et d’être vus. Il ne fallait pas grand chose et il le savait : une dose créativité, du clinquant, du bling bling et assez de cran pour se pavaner avec des manches parachutes. Rien de plus. Dapper Dan n’a pas eu tort de s’associer à la griffe italienne. La collection capsule sera présente dans toutes les boutiques Gucci dès le printemps prochain. Je crois que par le biais de cette collaboration, il fera revivre l’esthétisme et la flamboyance de son quartier, Harlem et ainsi que son époque. Une collaboration qui pourrait bien signer le grand retour du designer, Dapper Dan. Il a juste senti le vent tourner en sa faveur, pourquoi lui en vouloir, ce serait con de sa part de ne pas faire renaître un courant dont il est l’initiateur.