AWK Studio’s Week List : Tout ce qu’on aime

AWK Studio

Edition décembre 2017 de Vogue Paris – Mettre Rihanna en couverture de Vogue Paris prouve à quel point la barbadienne est une icône des temps modernes. Elle assure les ventes et élude la question raciale. La presse féminine française me sort généralement par les trous de nez, pas assez diverse, toujours les mêmes visages et semble toujours avoir l’intime conviction que la française est seulement blanche, parisienne et conne. La publication propose trois couvertures signées Jean Paul Goude, Juergen Teller et Inez & Vinoodh parce qu’avec elle, il ne faut pas faire semblant. Ce choix n’est pas anodin, Rihanna sait mettre tout le monde d’accord. 2017 est bel et bien son année. De la création de sa propre marque de maquillage, Fenty Beauty, en passant sa collaboration avec la marque de sportwear allemand, Puma et un feat de choc avec NERD, le groupe de Pharrell Williams, sur le morceau Lemon où elle se permet même de rapper. Cette meuf est une oeuvre d’art. Je vous invite à procurer dans le kiosque du coin ou sur vogue.fr. Collector. Sac enveloppe gravé reptile de Zara Man – L’enseigne espagnole est un classique. J’ai parfois beaucoup de réticence à acheter chez Zara de peur d’être habillée comme tout le monde. C’est en passant par hasard dans le coin homme que je suis tombée sur cette fameuse pochette. De nombreuses pièces unisexes m’ont également tapé dans l’oeil. A l’heure où les marques fusionnent leurs collections hommes et femmes, ce sera peut-être bientôt le cas dans le prêt-à-porter. Je ne dis pas que je suis pour, mais la tendance genderless fait son chemin lentement et sûrement. Stunna Lip Paint de Fenty Beauty – Ce n’était pas fait exprès. Le Stunna Lip Paintest une dinguerie. En France, il est disponible chez Sephora. Je comprends la frénésie autour de la marque de Fenty Beauty qui tient toutes ses promesses. Il est mat, il tient le coup toute la journée et le rouge reste vif longtemps. J’avoue que j’aime moins le côté pinceau, mais en tout cas il ne déborde pas. Presque en passe de détrôner le Ruby Woo de MAC Cosmetics en terme de tenue. Quand on pensait ne plus se ruiner en maquillage en 2017, Rihanna rapplique avec de nouveaux coloris. Je vous l’avais dit, c’est son année. Milk and Honey de Rupi Kaur – Rupi Kaur est une jeune femme talentueuse. L’ instapoet canadienne d’origine indienne n’a pas peur d’aborder des sujets graves tels que les abus, l’expatriation et les identités en lutte. Je suis fan de Milk & Honey pour sa simplicité et son désir d’inspirer. Le lire en anglais me permet d’être au plus près des émotions de l’auteure et illustratrice. Sorti en 2015, son livre est disponible en français à la Fnac.

C’est la faute à Jenna Lyons

Ragamuf

Je ne comprenais pas pourquoi les gens étaient heureux de montrer leurs intérieurs. J’avoue qu’il suffit de regarder celui de Jenna Lyons pour ne plus vouloir sortir de chez soi. Je trouvais cette tendance banale et bizarrement, aujourd’hui je suis obsédée d’intérieurs. Après la visite de son ancienne maison de ville à Brooklyn, l’ex-présidente et directrice artistique de J.Crew a ouvert les portes de son loft de Soho, à New York, au T magazine, Jenna Lyons’s Space of Her Own. Son sofa vieux rose en velours est une tuerie. Je suis donc partie à la recherche d’une chaise cool à défaut de pouvoir acquérir un sofa vieux rose. En fouinant sur les internets, j’ai découvert Ragamuf. En plus d’être plus abordable que le sofa de mes rêves dictés par ceux de Jenna Lyons, chaque housse de chaises est unique, éthique et pop. L’entreprise finnoise s’engage à employer des femmes syriennes pour produire ces merveilles à partir de surplus textiles. Il n’y a pas plus grand sentiment que de se sentir bien chez soi, car chaque objet représente un pan de soi, une histoire, une envie, un souvenir… Désormais, j’apprécie que les objets aient un sens. Ce sont les joies de la trentaine, je suppose. Apprendre à ne plus accumuler, ne plus paraître et connaître ses goûts. Je crois que c’est également valide en terme de décoration intérieure. Et au fur et à mesure, les choses qui nous paraissaient banales deviennent importantes comme passer du temps en famille autour d’une grande tablée, apprécier un bon film emmitouflé dans un plaid en laine et rire à gorge déployée.

Le British Vogue par Edward Enninful

AWK Studio

Ici, le British Vogue a été lu et relu. On l’a saigné. Dès l’édito, Edward Enninful pose les bases. British Vogue sera britannique ou ne sera pas. De l’écrivaine, Zadie Smith, en passant par sa pote de toujours et top internationale, Naomi Campbell, partie interviewer le Maire de Londres d’origine pakistanaise, Sadiq Khan, à l’heure du Brexit, séquence épique et une flopée de mecs et meufs de la mode anglaise. Il nous replonge dans les archives du magazine afro-américain, Ebony. Comme tout droit sortie des années 70, Adwoa Aboah se la joue caméléon. Souvent associée au look garçonne, sur la couverture, elle a ce truc qui rend le cliché du photographe Steven Meisel intemporel. Edward Enninful dégaine l’artillerie lourde qui consiste avant tout à sélectionner la crème des crèmes anglaises nées et/ou grandies en Grande-Bretagne. On sent cette volonté d’enracinement territorial, culturel et politique. C’est un pari audacieux dans l’ère du numérique où les personnalités Instagram ont pris le pouvoir. Le brassage qu’il nous avait promis y est. C’est beau, cohérent, inclusif et irrévérencieusement anglais. Le premier numéro Vogue du premier rédacteur-en-chef d’origine ghanéenne était attendu et il n’a pas déçu. Un retour aux fondamentaux de la part d’Edward Enninful qui puise allègrement dans l’esthétique et la fraîcheur de cette décennie et de ce que la Grande-Bretagne sait faire de mieux. Tout est savamment sélectionné, rien n’est laissé au hasard. Vogue British se recentre sans forcément exclure et les autres éditions devraient en prendre de la graine. Un must have 2017.

Inspiration look / The Supremes – la robe à sequins

The Supremes

Les années 60, une décennie que j’affectionne d’un point de vue culturel, politique et mais, également du point de vue de la libération de la femme. Ils seront à tout jamais marqué par la Motown et sa soul aseptisée. Les Supremes sont l’archétype par excellence du groupe féminin, la recette qui a cartonné et qui continue à inspirer les producteurs. Les paroles sont niaises, pas trop profondes, les refrains sont répétitifs, les déhanchements sont chaloupés et les tenues sont hors du commun, tout a été fait pour plaire à un public mainstream, à la fois noir et blanc. Et ça, c’était nouveau à l’époque. Je voue une certaine admiration pour les groupes féminins, pour l’économie qu’ils génèrent mais également pour l’image qu’ils projettent de la femme moderne. Que ce soit TLC, Destiny’s Child, les Spice Girls ou encore les Supremes, elles ont marqué les esprits avec leurs uniformes à la fois coordonnés et travaillés selon la position attribuée. Aujourd’hui, on sent un retour de l’esthétisme des années 60, du clinquant et de l’ostentation avec un naturel à la Diana Ross. A AWK Studio, on ne voulait pas s’éloigner de la base et on a bien sûr imaginé un total look Supremes. Une robe à sequins accompagnée de lèvres nudes, d’un regard de biche souligné d’un crayon blanc et de cils XXL pour ouvrir l’oeil au maximum et d’un bob archi-bouffant, impossible de la porter autrement. Je sais que ça peut paraître superficiel cependant The Supremes ont su personnifier ce style à la perfection à un tel point que la robe à sequins fait partie des intemporels des fêtes de fin d’années. Tout est dans l’exagération et ça, ne se démode pas.  Balmain, Tom Ford, J.Crew, Asos… toutes les marques proposent sa propre version du sequin. Tantôt en bottes, en pantalon, en petites touches pour le jour ou rétro-futuriste en robe longue pour le soir, le sequin n’a jamais quitté le vestiaire des fêtes de fin d’années et ça donne envie de s’y mettre.