Sex and the City 3 annulé et quand est-il de Girlfriends ?

@maraakil

Je lis partout que Sex and City 3 ne se fera pas, vu le 2, je pense que c’est une bonne nouvelle. J’ai aimé Sex and City la série, les galères parfois irréalistes d’une pigiste de Vogue vivant dans un 50 mètres carrés en plein coeur de Manhathan. Je me suis toujours posée cette question : comment Carrie Bradshaw pouvait-elle se permettre de vivre dans le centre de New York, s’acheter des Manolo Blahnik et constamment passer son temps à boire des cosmos dans les bars les plus huppés de l’Upper East Side tout en étant freelance ? Pour ma part, la série n’abordait que quelques aspects de la vie de femmes indépendantes matériellement, sexuellement et vestimentairement. Tout semblait si simple, sans réel prix à payer. Alors quand je suis tombée sur Girlfriends, je me suis aperçue des limites de Sex and City. Mara Brock Akil a voulu mettre en avant une autre image de l’Amérique, un autre aspect du féminisme un peu plus réaliste. La créatrice abordait des thèmes universels tels que l’abstinence, le célibat, le divorce, la monoparentalité entre autres mais également des thèmes plus communautaires comme le mariage interracial, les discriminations, le « colorism »… toujours avec une touche d’humour et avec en toile de fond Los Angeles. Voir des femmes noires épanouies à l’écran, auxquelles nous pouvons nous identifier, rebooste l’ego et ça peu importe l’endroit où l’on peut se trouver dans le monde. Lynn, Maya, Toni et Joan méritent plus qu’un film. Certes la série n’a pas bénéficié de la même exposition mais son point de vue influence encore mon écriture et continue d’influencer une nouvelle vague de journalistes, scénaristes, actrices de grande envergure. Nicole Amarteifio, Issa Rae, Melina Matsoukas, Michaela Coel, Ava DuVernay même Shonda Rhimes ne peuvent nier l’impact positif de Girlfriends et se revendiquent de Mara. C’est super mais sincèrement il n’y a rien de mieux que l’original. Mara, please, bring in on ! 

La banlieue a réhabilité Lacoste, ça c’est la vraie histoire !

@lacoste @arsenik

Je suis tombée sur un article de Grazia intitulé : Lacoste réhabilite le survêtement de racaille. Il s’agissait d’une rétrospective hasardeuse du défilé de Lacoste pendant la semaine de la mode parisienne. Ce titre est empreint d’un mépris de classe tellement familier. Hormis le terme « racaille » qui me rappelle les années Sarkozy, c’est le verbe « réhabiliter » qui me semble d’autant plus incorrect. Lacoste est un label sportswear français qui ne cesse de vouloir se distancer de son héritage hip-hop qui l’a rendu populaire. Attendez, sûrement que je ne comprends rien au business mais n’est-ce pas le but de toute marque de se vendre et d’être populaire ? Je ne connais pas la stratégie de Lacoste mais capitaliser sa réussite sur les joueurs de tennis du dimanche n’est-ce pas réducteur ? Nike ne s’est jamais plaint et capitalise constamment là-dessus. C’est cette mentalité franco-française qui rejette la périphérie et ceux qui en proviennent qui est la première responsable. Je ne pense pas, une seule seconde, que j’aurais, un jour, entendu parler du petit crocodile à la grosse queue si je n’avais pas maté les clips du duo de Villiers-le-Bel, Arsenik. Mon grand frère en possédait une dizaine, il y prenait tellement de soin et il leur conférait beaucoup « trop » de respect. Le survêtement et le polo Lacoste étaient un signe de réussite. Et je trouve ça abject qu’à chaque fois que je lis un papier sur ce qu’est Lacoste aujourd’hui, on l’associe constamment au renouveau, à cette nécessité de retrouver ses bases plus bourgeoises alors que sans la rue, il ne serait pas ce qu’il est. Pour être honnête, c’est un peu notre histoire, nous, banlieusards, issus de l’immigration, d’être mis au ban de cette société prout prout qui considère la mode comme une chasse gardée. Le hip-hop fait partie de la culture française. Les gens de la périphérie, la « racaille », en ont fait leur uniforme. La banlieue a réhabilité Lacoste, ça c’est la vraie histoire. En tout cas, c’est tout ce que la rue retiendra et c’est le plus important !

Sang noir, sang royal ?

@meghanmarkle @vanityfair

Les choses prennent une tournure inattendue. L’interprète de Rachel Zane de Suits s’est exprimée, pour la première fois, sur sa relation avec le prince Harry dans l’édition américaine d’octobre de Vanity Fair. Meghan Markle n’est sans doute pas la plus grande actrice au monde, Harry ne sera bien sûrement jamais roi mais peu importe. Meghan Markle a chopé le célibataire le plus convoité de Grande-Bretagne. Silencieuse depuis le début de leur idylle, le choix d’une publication internationale n’est peut-être pas un hasard. La communication verrouillée de Kensington Palace n’est pas un mythe non plus, s’exprimer un peu trop, pas le moment opportun peut se payer cher. Lady Diana en savait quelque chose et n’en avait que faire. La reine prépare l’après-Elisabeth II et semble ne plus avoir envie de faire les mêmes boulettes qu’auparavant vis à vis de la génération suivante. Une génération qui véhicule désormais l’image d’une famille royale plus unie, plus ouverte, plus décontractée, sans scandale et où les gens s’aiment VRAIMENT. Meghan a tout d’une Kate bis : philanthrope, réservée, intelligente, chic et un merveilleux gage de modernité afin de séduire les sujets de la reine friands de contes de fées. Le fait que Meghan soit une métisse afro-américaine change-t-il la donne ? Bien sûr, elle ouvre le débat sur la place de la diversité raciale dans l’une des familles couronnées les plus médiatisées de la planète. La royauté britannique donne l’exemple (calculé ou pas), et ça, ce n’est pas peu de choses.

Elaine Welteroth, redac’chef du turfu

@karstenmoran @newyorktimes @elainewelteroth

J’aime Elaine Welteroth. A la tête de Teen Vogue depuis plus deux ans, elle m’intrigue par son style intello chic à la Jenna Lyons saupoudré d’une pincée afro à la Pam Grier dans Foxy Brown, son ton et ses prises de position révolutionnaires. Solange Knowles, Amandla Stenberg, Zendaya Coleman, Yara Shahidi, en gros la nouvelle garde de filles cools et décomplexées et les activistes du mouvement Black Lives Matter, entre autres… tous y ont figuré. Elaine utilise cette tribune mainstream afin d’éveiller son lectorat aux sujets qui gangrènent la société américaine et par extension, la nôtre. A seulement 30 ans, la première rédactrice en chef afro-américaine de Condé Nast a changé la face du journalisme, un journalisme à la fois politique, féministe, conscient, intelligent et inclusif. Via Teen Vogue, elle propose une plateforme ouverte et crée un sentiment de communauté, dans cette société hyper-connectée, non plus basé sur la superficialité des magazines dits féminins. Son travail est authentique aussi bien dans la forme que dans le fond. Toujours à la recherche de nouveaux points de vue et de nouvelles narrations, je suis, également, convaincue qu’il est important de se confronter aux meilleurs contenus pour en offrir, à son tour, un remarquable. Je vous invite à checker l’excellent « Elaine Welteroth, Teen Vogue’s Refashionista » écrit par Jazmine Hugues pour le New York Times. Une réelle source d’inspiration.