Le leader de SHINee est mort, la K-pop est en deuil

SHINee, le groupe sud-coréen de K-pop dont Kim Jong-hyun était issu. Crédits : shinee.net

Kim Jong-hyun, leader du groupe SHINee, est mort à l’âge de 27 ans. Selon les autorités coréennes, le jeune homme se serait donné la mort. Une nouvelle qui ébranle ses fans aussi bien au niveau local qu’international. La K-pop continue de contaminer l’Asie, dont la Chine et surtout le Japon, leader en exportation d’animés dans les années 80 et 90, et désormais, une bonne partie du monde occidental. Ce fait divers met en exergue cette bataille dévastatrice que se livrent les grandes compagnies de l’industrie du divertissement. SHINee a été formé en 2008 et est détenu par la compagnie sud-coréenne SM Entertainment, une sorte d’écurie de la K-pop. Le groupe est reconnaissable grâce à son look androgyne. Leur son mixe influences R’n’B/Soul et paroles mielleuses susurrées en coréen saupoudrés de refrains en anglais peu profonds, mais assez simples pour entrer dans le subconscient d’un non initié. SHINee a popularisé les colorations pastels, les costumes aux rayures verticales, le make-up pour homme et les skinny jean. En gros, ils ont relancé des tendances qu’on aimerait tellement oublier.

Kim en était le leader et même en solo, il ne manquait pas de talent. En 2016, il sort She Is, qui cartonne dans les classements coréens et deux compilations en 2015 et en 2017. En 2015, il sort Skeleton Flower, un livre qui détaille la signification de chacune de ses chansons. En 2010, il participe aux côtés d’autres artistes K-pop, à la chanson de campagne du sommet G20, alors que la Corée du Sud était pays hôte. Alors qu’est-ce qui peut pousser un jeune homme de 27 ans, qui a tout pour lui, à mettre fin à sa vie ? La dépression est-elle traitée différemment en Corée du Sud qu’en Europe ? Pouvions-nous l’éviter ? La Corée du Sud a entamé une révolution culturelle en misant sur les industries de pointe, les cosmétiques abordables de bonne qualité, la chirurgie esthétique et le divertissement. Le divertissement coréen est une affaire sérieuse, une affaire d’état. Pour le commun des mortels, le phénomène Psy avec son morceau Gangnam Style était souvent la seule référence en matière de pop sud-coréenne. Pour la venue du Président Hollande en 2015 à Séoul, dans le cadre de l’année de la Corée du Sud en France, le gouvernement coréen choisit le groupe Block B afin de représenter les industries culturelles du pays. C’est une machine qui tourne à plein régime et participe à l’image de la Corée à l’étranger. Cette industrie alimente les fantasmes d’une jeunesse de plus en plus demandeuse et d’annonceurs à la recherche de nouvelles têtes d’affiche.

Ces jeunes artistes, surnommés Idols, sont alors dépossédés de voix au détriment d’une carrière qui reflète cette intransigeance asiatique. Chacun reste à sa place et rien ne laisse place à l’improvisation, aux sentiments et à l’épuisement. Recrutés dès l’adolescence, ils ne sont pas autorisés à exprimer leurs frustrations. Le taux de suicide en Corée du Sud est l’un des plus élevés de l’OCDE. La K-pop est juste une réflexion de cette société coréenne hyper competitive. Telles des poupées désarticulées, ils exécutent sans relâche et jusqu’à la perfection, ces chorégraphies qui font la base de leur succès. Tout est impeccable : les coupes de cheveux, le style vestimentaire et le discours déshumanisé. Ils deviennent les portes-paroles, à coup de contrats et de clauses restrictives, d’un pays en apparence moderne mais aux idéaux bien traditionnels. L’histoire tragique de Kim marque son ancrage dans une mentalité où la faiblesse n’est pas autorisée car, basée sur la performance. Un système où la vulnérabilité n’a pas sa place. Le suicide de Jonghuyn est devenu, malgré lui, le symbole d’une société sud-coréenne malade.

Il ne faut pas blaguer avec la dépression. Si vous êtes en situation de mal-être, il existe de nombreuses associations à qui il est préférable de s’adresser. Contactez SOS Amitié au 09 72 39 40 50. Voici la liste des numéros utiles, des professionnels sont disponibles de jour comme de nuit pour vous venir en aide. 

Coco Pink Princess fout les boules…

How a Six-Year-Old Became One of Japan’s Instagram Icons – Vice

… Ce ne sont pas ses milliers de followers qui m’intimident, mais plutôt son jeune âge. Coco Pink Princess a 7 ans et elle a tout d’une blogueuse professionnelle kawaï. Les gens font le déplacement dans la boutique de ses parents, Funktique, juste pour la rencontrer. Des poses en passant par le choix des tenues, Coco est au contrôle de son image. Cherchez l’erreur. Toutes les grandes publications mainstream essaient de comprendre comment une petite tokyoïte peut attirer autant au point, de devenir un réel phénomène Instagram. Peut-être que sa moue, son style et son attitude font d’elle la petite fille la plus cool du Japon, mais à quel prix ? En ce moment, le débat tourne autour de la majorité sexuelle. Les politiques ont encore du mal à déterminer la nature d’un consentement valide par un mineur. A-t-on une opinion ou peut-on faire preuve de consentement à 11 ans, 8 ans voire 6 ans ? Et quant à la majorité numérique, à quel âge devons-nous autoriser un enfant à tenir un compte Instagram et quand est-ce que cela peut être dangereux pour sa santé mentale ? Ne cherchez plus, le loup est souvent à portée de main. Coco aime la mode et la photographie. Je pense sincèrement que c’est une bonne chose d’exprimer sa créativité et ce, dès le plus jeune âge cependant Internet a le don de tout accélérer, de créer des phénomènes puis de les tuer en plein envol. L’inquiétude devrait venir de ce côté, la perception du monde selon Coco. J’ai toujours un malaise quant à la popularité d’une môme. De nombreux exemples montrent qu’ils ne sont pas aptes sur le plan émotionnel et intellectuel à concevoir les véritables enjeux. Sa perception de friends me semble biaisée et la gratification instantanée des réseaux sociaux sont des données encore peu évaluées. Il y a cette fascination parentale, parfois poussée à l’extrême et ce même en voulant faire le bien, d’exposer au monde sa progéniture car, elle est évidemment la plus belle, la plus intelligente, la plus stylée… une sorte de compétition non-explicite qui crée des monstres narcissiques.

Google Home Mini, la démocratisation de la flemme ?

Google Home Mini

Google Home Mini est petit, rose et mignon. Il est partout et semble être le cadeau de noël par excellence. Son design passe facilement inaperçu et ajoute un élément de déco à un intérieur un peu fade. Pour faire court, le Google Home Mini est un assistant qui sait tout sur tout. Il informe sur la météo, le trafic routier, éteint les lumières, ferme les volets, cherche une série… Google vante ces fonctionnalités, en toute normalité, de cette petite enceinte intelligente afin d’éviter l’écueil Total Recall. A coup de films dans le genre, on s’imaginait que dans les années 2000, les voitures voleraient, que le cerveau humain serait aspiré par une machine et que nous serions tous des robots dénués de coeur. Tous ces objets dits intelligents se démocratisent et s’insèrent avec simplicité dans notre quotidien, pour le meilleur et pour le pire. Dans la forme, Google a compris que nous voulions des objets peu envahissants qui améliorent le quotidien mais est-ce que le Google Home Mini est utile et inoffensif ? Au-delà de l’esthétisme épuré et attrayant, je m’interroge sur son caractère intrusif, car il brasse une quantité énorme de données personnelles qui renseigne sur les habitudes et la vie intime des utilisateurs et ça, c’est flippant. Etant une fille des années 90, qui servait de télécommande vivante, qui attendait le 20 h de France 2 pour savoir comment se saper le lendemain, qui glissait un CD dans une chaine hi-fi et/ou qui lisait des livres pour se cultiver, le procédé semble tout de même étrange. Je pense réellement que la technologie doit avoir ces moments et, dans la limite du possible, il est préférable d’aller chercher l’information par soi-même. Bien entendu qu’il nous arrive tous d’avoir la flemme. La flemme d’éteindre les lumières quand on est au chaud dans son lit. La flemme de sortir son téléphone ou d’allumer son ordinateur pour chercher une chanson sur Spotify mais je crois qu’il est aussi intéressant que la génération suivante apprenne à ne pas tout savoir sur tout et surtout, s’efforcer à faire malgré la flemme.

Le plaidoyer sans fin de Jay-Z

T Magazine – Henry Taylor

L’interview de Jay Z par le journaliste Dean Baquet est édifiante. La couverture est illustrée par l’artiste afro-américain, Henry Taylor. Dans cette longue entrevue pour le T Magazine du New York Times, la conversation tourne autour de nombreux thèmes tels que le racisme, l’affaire O.J Simpson, la musique, sa relation fraternelle compliquée avec Kanye West, ses enfants et ses diverses infidélités. Petit afro, t-shirt blanc, jean cartonné et blanches baskets, l’artiste et businessman semble à l’aise. Entendre l’un des mecs les plus riches du hip-hop, qui vit la plupart du temps sur un yacht au large de la côte italienne, exprimer ses faiblesses et faire son mea-culpa, c’est intéressant. Généralement plutôt discret, sûrement parce qu’il sait que sa voix est hilarante, il joue le jeu et défend, avant la cérémonie des Grammy’s où il est nommé dans la catégorie « Album de l’Année », son projet le plus personnel de sa carrière, 4:44. Pourquoi les médias sont-ils fascinés par la vulnérabilité du rappeur originaire de Brooklyn et de son couple ? Durant l’entretien, il expose les raisons qui l’ont poussées à être infidèle et annonce, par le plus grand des hasards, un album en collaboration avec sa femme, Beyoncé. Difficile de ne pas le ressentir comme une opération séduction, un repentir qui ne nous concerne pas. Le public est friand d’histoires intimes et une sorte de commerce se profile derrière tout ça. En tant que femme, bien sûr que je trouve que c’est moche. Son attitude envers son épouse, la fameuse Beyoncé, a été nulle. Elle a choisi de lui pardonner, de faire un album confessional écrit avec l’aide d’une cinquantaine de personnes, une tournée mondiale et de lui faire deux enfants. L’histoire devrait être close, nan ? Le couple, autrefois opaque, semble avoir changé de stratégie, celle de nous faire croire qu’ils sont comme nous, qu’ils nous comprennent et qu’au fond, nous avons tous les mêmes problèmes, riches comme pauvres, beaux comme moins beaux ou encore noirs comme blancs. L’incident de l’ascenseur avec Solange, qui a eu lieu en 2014, n’était pas censé être public. Jay Z a trompé Beyoncé, pas toi et ni moi, mais j’ai le sentiment qu’ils vont surfer sur cette histoire encore un long moment.