Sang noir, sang royal ?

@meghanmarkle @vanityfair

Les choses prennent une tournure inattendue. L’interprète de Rachel Zane de Suits s’est exprimée, pour la première fois, sur sa relation avec le prince Harry dans l’édition américaine d’octobre de Vanity Fair. Meghan Markle n’est sans doute pas la plus grande actrice au monde, Harry ne sera bien sûrement jamais roi mais peu importe. Meghan Markle a chopé le célibataire le plus convoité de Grande-Bretagne. Silencieuse depuis le début de leur idylle, le choix d’une publication internationale n’est peut-être pas un hasard. La communication verrouillée de Kensington Palace n’est pas un mythe non plus, s’exprimer un peu trop, pas le moment opportun peut se payer cher. Lady Diana en savait quelque chose et n’en avait que faire. La reine prépare l’après-Elisabeth II et semble ne plus avoir envie de faire les mêmes boulettes qu’auparavant vis à vis de la génération suivante. Une génération qui véhicule désormais l’image d’une famille royale plus unie, plus ouverte, plus décontractée, sans scandale et où les gens s’aiment VRAIMENT. Meghan a tout d’une Kate bis : philanthrope, réservée, intelligente, chic et un merveilleux gage de modernité afin de séduire les sujets de la reine friands de contes de fées. Le fait que Meghan soit une métisse afro-américaine change-t-il la donne ? Bien sûr, elle ouvre le débat sur la place de la diversité raciale dans l’une des familles couronnées les plus médiatisées de la planète. La royauté britannique donne l’exemple (calculé ou pas), et ça, ce n’est pas peu de choses.

Elaine Welteroth, redac’chef du turfu

@karstenmoran @newyorktimes @elainewelteroth

J’aime Elaine Welteroth. A la tête de Teen Vogue depuis plus deux ans, elle m’intrigue par son style intello chic à la Jenna Lyons saupoudré d’une pincée afro à la Pam Grier dans Foxy Brown, son ton et ses prises de position révolutionnaires. Solange Knowles, Amandla Stenberg, Zendaya Coleman, Yara Shahidi, en gros la nouvelle garde de filles cools et décomplexées et les activistes du mouvement Black Lives Matter, entre autres… tous y ont figuré. Elaine utilise cette tribune mainstream afin d’éveiller son lectorat aux sujets qui gangrènent la société américaine et par extension, la nôtre. A seulement 30 ans, la première rédactrice en chef afro-américaine de Condé Nast a changé la face du journalisme, un journalisme à la fois politique, féministe, conscient, intelligent et inclusif. Via Teen Vogue, elle propose une plateforme ouverte et crée un sentiment de communauté, dans cette société hyper-connectée, non plus basé sur la superficialité des magazines dits féminins. Son travail est authentique aussi bien dans la forme que dans le fond. Toujours à la recherche de nouveaux points de vue et de nouvelles narrations, je suis, également, convaincue qu’il est important de se confronter aux meilleurs contenus pour en offrir, à son tour, un remarquable. Je vous invite à checker l’excellent « Elaine Welteroth, Teen Vogue’s Refashionista » écrit par Jazmine Hugues pour le New York Times. Une réelle source d’inspiration.