« Sourire ne fait pas gagner des médailles d’or » – Simone Biles

@the_gentlewoman

J’ai été littéralement happée par le body vert métallisé de The Gentlewoman. Sur la couverture Simone Biles y est à la fois mignonne et puissante. Je ne pouvais qu’y succomber donc je l’ai acheté à 0fr, la librairie la plus cool de Paris, non loin du Carreau du Temple. J’apprécie qu’il y ait autre chose que des chanteuses et stars de cinéma sur les couvertures de magazines indé. Je l’ai regardé tout rafler aux J.O de Rio et moi, qui déteste mater le sport à la télévision, j’ai kiffé voir mes sistas tout donner sur le tapis. Adoptée, noire, petite et originaire du Texas, son parcours peut nous faire chialer mais Simone Biles reste avant tout une gymnaste féroce. Sa punchline légendaire « sourire ne fait pas gagner des médailles d’or » à marquer les esprits, à marquer mon esprit. Je crois qu’on s’attache vite au personnage pour la simple et bonne raison que rien ne s’est construit sans difficulté, sans travail et sans concentration. Simone Biles est une battante. A seulement 20 ans, elle est triple championne du monde au concours général, triple championne du monde au sol et double championne du monde à la poutre et les jeux de Tokyo 2020 risquent d’être épiques. La meuf a inventé une figure. Ouais, une figure porte son nom parce qu’elle est la seule sur terre à pouvoir l’exécuter. C’est complètement fou. Et ce sont le genre d’histoires qu’on aimerait lire et relire, en fait.

La promotion canapé a désormais un nouveau nom

@ideat

L’affaire Harvey Weinstein va au-delà d’Harvey Weinstein lui-même. Elle nous concerne tous. Il s’agit avant tout d’un système d’impunité, une sorte de cercle vicieux où chacun à sa part de responsabilité. En d’autres termes, tout le monde savait ce qui se tramait et tout le monde avait sûrement une raison financière de fermer de sa bouche. Hollywood est le problème dont Weinstein est le produit. Je crois que la presse a besoin d’une nouvelle tête d’affiche car ces méthodes ne sont pas nouvelles. Harvey n’a pas inventé les règles du jeu de la promotion canapé, il les a perfectionné. Il se croyait tout-puissant car il l’était. The New York Times a balancé le morceau en premier, suivi par The New Yorker, et la terre entière questionne les agissements de ce producteur indépendant qui transformait les filmographies en or. En tout cas, les victimes n’y vont plus de main morte. L’actrice d’origine italienne Asia Argento enfonce le clou et l’accuse de viol. Emma de Caunes témoigne et parle d’exhibitionnisme. Gwyneth Paltrow, elle, qualifie ce qui lui est arrivé d’agression sexuelle et dans la foulée, sa femme et copropriétaire de la marque Marchesa, Georgina Chapman se barre mais bien sûr personne n’était au courant. Parmi elles, une voix n’avait cessé de s’insurger, celle de Rose Mc Gowan. Il rejoint donc le chanteur r’n’b R. Kelly, le réalisateur new-yorkais Woody Allen dont son fils présumé Ronan Farrow aurait rendu l’investigation publique, Dov Charney l’ex-PDG controversé d’American Apparel ou encore le photographe à la grosse monture, Terry Richardson et Roman Polanski en cavale depuis 30 ans dans un chalet suisse ou au Festival de Cannes, sur la liste des pervers les plus brillants de la planète. J’avais oublié Bill Cosby. Face à un homme puissant qui a le pouvoir de faire ou de défaire une carrière, c’est compliqué de dire non et je crois qu’il est temps que le débat ait réellement lieu. Est-ce la fin d’un modèle patriarcal, machiste ou encore dominant ? Il s’agit plutôt de l’urgence d’éduquer filles et garçons sur la nécessité de savoir dire ce non-là parce qu’il y a une différence tacite entre consentir et subir. Brûlons enfin cette idée stupide qu’il faille forcément passer à la casserole pour obtenir le job de ses rêves, un statut social, une promotion, une paire de chaussures… Si nous le voulons et si nous ne traitons pas cette affaire comme une simple actualité mais comme un droit à ne pas se sentir vulnérable et ce peu importe le rapport de forces qui s’exerce devant nous, ça sera peut-être la fin d’un modèle où les humains passent avant l’argent. Mouais, peut-être.

Sex and the City 3 annulé et quand est-il de Girlfriends ?

@maraakil

Je lis partout que Sex and City 3 ne se fera pas, vu le 2, je pense que c’est une bonne nouvelle. J’ai aimé Sex and City la série, les galères parfois irréalistes d’une pigiste de Vogue vivant dans un 50 mètres carrés en plein coeur de Manhathan. Je me suis toujours posée cette question : comment Carrie Bradshaw pouvait-elle se permettre de vivre dans le centre de New York, s’acheter des Manolo Blahnik et constamment passer son temps à boire des cosmos dans les bars les plus huppés de l’Upper East Side tout en étant freelance ? Pour ma part, la série n’abordait que quelques aspects de la vie de femmes indépendantes matériellement, sexuellement et vestimentairement. Tout semblait si simple, sans réel prix à payer. Alors quand je suis tombée sur Girlfriends, je me suis aperçue des limites de Sex and City. Mara Brock Akil a voulu mettre en avant une autre image de l’Amérique, un autre aspect du féminisme un peu plus réaliste. La créatrice abordait des thèmes universels tels que l’abstinence, le célibat, le divorce, la monoparentalité entre autres mais également des thèmes plus communautaires comme le mariage interracial, les discriminations, le « colorism »… toujours avec une touche d’humour et avec en toile de fond Los Angeles. Voir des femmes noires épanouies à l’écran, auxquelles nous pouvons nous identifier, rebooste l’ego et ça peu importe l’endroit où l’on peut se trouver dans le monde. Lynn, Maya, Toni et Joan méritent plus qu’un film. Certes la série n’a pas bénéficié de la même exposition mais son point de vue influence encore mon écriture et continue d’influencer une nouvelle vague de journalistes, scénaristes, actrices de grande envergure. Nicole Amarteifio, Issa Rae, Melina Matsoukas, Michaela Coel, Ava DuVernay même Shonda Rhimes ne peuvent nier l’impact positif de Girlfriends et se revendiquent de Mara. C’est super mais sincèrement il n’y a rien de mieux que l’original. Mara, please, bring in on ! 

La banlieue a réhabilité Lacoste, ça c’est la vraie histoire !

@lacoste @arsenik

Je suis tombée sur un article de Grazia intitulé : Lacoste réhabilite le survêtement de racaille. Il s’agissait d’une rétrospective hasardeuse du défilé de Lacoste pendant la semaine de la mode parisienne. Ce titre est empreint d’un mépris de classe tellement familier. Hormis le terme « racaille » qui me rappelle les années Sarkozy, c’est le verbe « réhabiliter » qui me semble d’autant plus incorrect. Lacoste est un label sportswear français qui ne cesse de vouloir se distancer de son héritage hip-hop qui l’a rendu populaire. Attendez, sûrement que je ne comprends rien au business mais n’est-ce pas le but de toute marque de se vendre et d’être populaire ? Je ne connais pas la stratégie de Lacoste mais capitaliser sa réussite sur les joueurs de tennis du dimanche n’est-ce pas réducteur ? Nike ne s’est jamais plaint et capitalise constamment là-dessus. C’est cette mentalité franco-française qui rejette la périphérie et ceux qui en proviennent qui est la première responsable. Je ne pense pas, une seule seconde, que j’aurais, un jour, entendu parler du petit crocodile à la grosse queue si je n’avais pas maté les clips du duo de Villiers-le-Bel, Arsenik. Mon grand frère en possédait une dizaine, il y prenait tellement de soin et il leur conférait beaucoup « trop » de respect. Le survêtement et le polo Lacoste étaient un signe de réussite. Et je trouve ça abject qu’à chaque fois que je lis un papier sur ce qu’est Lacoste aujourd’hui, on l’associe constamment au renouveau, à cette nécessité de retrouver ses bases plus bourgeoises alors que sans la rue, il ne serait pas ce qu’il est. Pour être honnête, c’est un peu notre histoire, nous, banlieusards, issus de l’immigration, d’être mis au ban de cette société prout prout qui considère la mode comme une chasse gardée. Le hip-hop fait partie de la culture française. Les gens de la périphérie, la « racaille », en ont fait leur uniforme. La banlieue a réhabilité Lacoste, ça c’est la vraie histoire. En tout cas, c’est tout ce que la rue retiendra et c’est le plus important !