Florelle Manda a appris à s’aimer et ses locks y sont pour quelque chose

Florelle Manda est une pile électrique. Pétillante, rafraichissante et énergique, Florelle s’éclate au côté de son binôme également locksé, Malika Jean-François, avec leur projet commun : Génération CUP. J’ai réussi à la choper, entre plusieurs déplacements. Après un des posts les plus émouvants et les plus sincères qui m’ai été donné de lire sur Instagram, j’ai voulu la rencontrer en personne. J’ai trouvé son statement génial et intéressant. Journaliste, femme de médias et entrepreneuse, Florelle exprime son amour pour ses locks et son histoire entre deux continents, l’Europe et l’Afrique et entre plusieurs cultures, à la fois française, sénégalaise et congolaise. Nous avons pris rendez-vous à deux pas de République, au Lézard Café, 32 rue Etienne Marcel dans le 2ème arrondissement. Nous avons longuement discuté d’estime de soi, de ses locks bien sûr, mais également de médias autour d’un déjeuner plutôt tardif.

Florelle Manda – AWK Studio

J’ai toujours eu une idée assez réductrice des locks puis, j’ai découvert la musique de Lauryn Hill et toute son imagerie à des années-lumière de tous ces clichés. En gros, elle a normalisé les locks. Quand as-tu décidé de franchir le pas ? Quand est-ce que tu t’es dit que c’était le moment ? Le style rasta est une religion, un style connoté, une philosophie de vie, les locks aujourd’hui est une coiffure, une coiffure que l’on peut faire à tout moment et non une chose mainstream que l’on fait pour être à la mode, durant une période. Mon histoire avec les locks a débuté il y a quatre ans, en 2013. Je n’ai jamais été fan des rajouts synthétiques et brillants à utiliser pour se faire des locks, de fausses locks à mettre directement sur la tête de par la qualité et le visuel qui donnait un résultat très faux, donc j’ai directement sauté le pas en les faisant directement sur mes propres cheveux. Aujourd’hui j’ai 37 ans, mais depuis mes 15 ans je désirais avoir des locks. Ma mère avait des amis musiciens qui en portaient, et je trouvais ça beau, je trouvais que ça donnait de l’allure, cela m’attirait mais, je ne me suis pas lancée plus tôt car, je me disais que c’était sûrement une coiffure très lourde à porter. Les locks me représentent, représentent mes origines, ce que je suis, toutes ces choses qui m’ont bâti. Les locks définissent ma vie et mon identité. En étant moi et vraie, c’est ce style qui me convient peu importe les dires.

Ma mère avait des amis musiciens qui en portaient, et je trouvais ça beau, je trouvais que ça donnait de l’allure, cela m’attirait mais, je ne me suis pas lancée plus tôt car, je me disais que c’était sûrement une coiffure très lourde à porter. Les locks me représentent, représentent mes origines, ce que je suis, toutes ces choses qui m’ont bâti. Les locks définissent ma vie et mon identité. En étant moi et vraie, c’est ce style qui me convient peu importe les dires.

As-tu l’impression de t’être enfin trouvée, de te sentir bien dans ta peau et de te sentir belle ? Plus on grandit, plus on prend conscience de qui on est, plus on cherche aussi à savoir qui on est parce que c’est important pour s’aimer et pour avancer. C’est vraiment le processus de toute une vie. C’est une chose dans laquelle je suis en plein apprentissage. Lorsque tu grandis et que tu te sens à part, tu dois te démarquer par le tempérament, par un grain de folie, un peu et beaucoup d’égo. Il y a aussi le manque de confiance en soi qui nous pousse à aller chercher la validation des autres, mais finalement c’est ta propre validation que tu trouves. J’ai l’impression que le fait d’avoir eu des locks c’était pour me trouver, m’accepter et m’aimer. Il y a eu un boom sur les cheveux naturels et on oublie souvent que les locks sont des cheveux naturels. Petit à petit, les locks s’installent mais il devrait y avoir plus de produits afin que les locks soient aussi considérées comme un atout dans l’univers beauté de la femme. Est-ce que tu as eu des remarques négatives quant à ton nouveau look ? Comment réagis-tu généralement ?  Non, c’est ce qui est génial en France. On ne te dit jamais rien, on te fera peut-être comprendre. Souvent, en me rencontrant les gens sont assez surpris. Ils s’attendent à voir une autre personne car, on considère que j’ai une voix de blanche (rires). Je ne savais même pas qu’ils existaient des voix de noires ou de blanches. Je n’ai jamais vraiment eu de remarques explicites, sauf une fois, lorsque j’avais des braids box dans une de mes videos démo. J’ai pu avoir un commentaire comme quoi mes tresses faisaient trop « noire » alors que je suis noire ! Peu importe ce que l’on fait dans la vie, si une personne veut nous critiquer, elle nous critiquera. C’est dur à dire, mais elle trouvera toujours quelque chose. Lorsqu’une personne décide d’être un hater ou d’être de mauvaise foi, elle le sera. Les locks, aujourd’hui, c’est tendance ! C’est tendance et c’est chouette. Toutes ces personnes qui se disaient « anti locks » se permettent de mettre de faux locks aujourd’hui. Moi, je n’ai jamais voulu en porter alors plutôt en avoir avec mes propres cheveux, sans avoir à les enlever. Au début, mes locks ont eu du mal à se former de suite car, mes cheveux très fins. Au début, ça ressemblait plus des vanilles. De toute façon, je me suis toujours fait remarquer par mes cheveux.

Lorsque tu grandis et que tu te sens à part, tu dois te démarquer par le tempérament, par un grain de folie, un peu et beaucoup d’égo. Il y a aussi le manque de confiance en soi qui nous pousse à aller chercher la validation des autres, mais finalement, c’est ta propre validation que tu trouves. J’ai l’impression que le fait d’avoir eu des locks c’était pour me trouver, m’accepter et m’aimer.

Quelque part, te sens-tu déterminée par ta coiffure, par tes cheveux ? Pas tout, comme la chanteuse India Arie le dit « I’m not my hair », donc pas tout. J’ai décidé de les porter comme ça, mais ce n’est pas du tout mes cheveux qui déterminent la personne que je suis, c’est simplement un aspect de mon être. Quand j’ai commencé à laisser mes locks se former, il y avait des questions venant de membres de ma famille : « Quand est-ce que tu vas les enlever ? », »Tu ne vas jamais les enlever? »… Le processus est long. Etant adolescente, comme j’ai pu le dire, je n’ai pas sauté le pas. Je ne sais pas vraiment si c’était la peur ou autre, mais un jour, tu as le déclic et tu te coiffes de façon à avoir des locks. Tu fais tout ce qui à faire pour avoir des locks, parce que l’idée est ancrée dans ta tête. Parfois tu penses voir des résultats, mais en fait, non. Tu dois passer des étapes, même pour tes cheveux. Un ami a essayé de m’en dissuader en me disant que c’était beaucoup d’entretien, qu’il faut faire attention à tout, au soin, à la coloration… Mes cheveux sont colorés pour ma part. Je prenais déjà soin de mes cheveux, mes amis le savaient donc j’avais un peu l’habitude de cette routine capillaire. Tu redécouvres tes cheveux, mais tu découvres aussi que toutes les coiffures que l’on voit, sont ceux que l’on voyait dans nos manuels scolaires. En Egypte antique, les gens en portaient, mais également en Afrique et en Asie. Pour moi, ce sont les coiffures de rois.

Lézard Café – 32 Rue Étienne Marcel, 75002 Paris

Est-ce que tout cela te reconnecte-t-il avec ta propre histoire ? Je veux juste être moi. Je ne veux pas être dans telle ou telle catégorie de femmes. Je trouve que ça donne de l’allure et je ne m’imagine pas autrement, ça fait partie de moi. Tout ce qui est en rapport avec l’histoire c’est la cerise sur le gâteau. Ce n’est pas anodin, mais je n’en fais pas tout un poème. Ce sont simplement de petits rappels pour rappeler aux gens de connaître l’histoire de leurs origines et de leurs terres. Comme parfois mes tantes me font la remarque : « Mais, tu ne te défrises pas les cheveux ? », je leur rappelle un peu leurs photos de jeunesse, là où elles avaient leur afro, des cheveux trop beaux, en leur demandant qui leur a dit de défriser leurs cheveux, à elles (rires). Parfois on me dit que dans tel pays, cette coiffure correspond à telle catégorie de personnes. Comme au Congo-Kinshasa, cette coiffure est considérée comme la coiffure des personnes fumant, ayant une vie compliquée (les shégués = enfants de la rue). C’est un challenge de se dire que je vais faire ce métier et que j’aurais une visibilité avec cette coiffure. Je me demande si, ce côté-là n’est pas plus francophone parce qu’en Amérique ce n’est pas le cas. La réalisatrice et productrice Ava DuVernay a de très jolies locks et, on en fait pas tout un plat.

Tout ce qui est en rapport avec l’histoire, c’est la cerise sur le gâteau. Ce n’est pas anodin, mais je n’en fais pas tout un poème. Ce sont simplement de petits rappels pour rappeler aux gens de connaître l’histoire de leurs origines et de leurs terres. Comme parfois mes tantes me font la remarque : « Mais, tu ne te défrises pas les cheveux ? », je leur rappelle un peu leurs photos de jeunesse, là où elles avaient leur afro, des cheveux trop beaux, en leur demandant, qui leur a dit de défriser leurs cheveux, à elles (rires).

Y a-t-il une communauté autour du locks avec tes amis, tes connaissances ou proches comme cela peut être le cas avec ta collaboratrice de Génération CUP, Malika Jean François, qui en porte également ? Non du tout, Malika je l’ai connu avant d’avoir des locks, mais aujourd’hui les gens nous définissent par nos locks. Certains pensent que nous sommes soeurs, alors que ce n’est pas du tout fait exprès et comme j’aime le dire, il n’y a pas de hasard. Un jour quelqu’un m’a dit qu’on ne faisait jamais de locks par hasard, il y a toujours une raison. Pour moi, je n’ai pas encore découvert quelle était la raison, sûrement l’acceptation de soi ou la valorisation de soi. Je trouve que cela m’a rendu plus féminine. J’aime prendre le contrepied en m’habillant élégamment alors que mes locks eux ne sont limite pas coiffés, ils vivent leur vie. C’est un peu atypique, l’incompatibilité fait la beauté. Ma mère m’a dit que cela m’allait très bien. A partir du moment où, ma mère m’a dit que ça ne la dérangeait pas, qu’elle était ok, je l’aurai quand même fait, mais le fait d’avoir son approbation ça m’enlève un poids. Le reste du monde aurait pu parler, mais je m’en contre fiche. Elle a ajouté autre chose en disant : « Ca te va très bien et avec toi, j’ai appris qu’on pouvait faire plusieurs coiffures avec ». C’est souvent : « Non moi, je ne peux pas faire de locks vu que j’aime bien changer de tête », tout en oubliant qu’il est possible de les coiffer, de les boucler, de les attacher, de même mettre une perruque et/ou faire un tissage. C’est possible de les défaire sans forcément les raser, en fonction de la manière dont tu les as faites.

Mum’s Handmade, thérapie câline

Mum’s Handmade

C’est le temps idéal pour se lover dans un tricot. Avec le froid qui fait, je privilégie tout ce qui est douillet. Christina et Andreas l’ont compris, cosy est le nouveau sexy. Mum’s Handmade a été créé en 2013 par le duo grec originaire de Thessalonique. C’est intéressant de montrer une autre facette de la Grèce. On a longtemps été martelé par sa crise dite monumentale, par les récits de cette jeunesse fuyant le pays pour aller chercher une vie ailleurs en Europe ou encore par les destins tragiques de migrants, eux aussi venus chercher une vie meilleure, dans les médias. En oubliant, qu’ils existent des initiatives heureuses et surtout, locales. Sans réelle publicité, les modeuses de la planète s’arrachent les tricots oversize de la griffe hellénique. Faits mains, avec amour par une horde de mamans grecques, c’est surement la définition du cosy qui semble la plus cohérente. Naturellement, Instagram a été pris d’assaut. Disponible en ligne, il vous faudra patienter, les belles choses prennent du temps. Christina, la co-fondatrice, a répondu à nos questions.

Qui est Mum’s Handmade ? Andreas et moi, Christina. Dans la vie comme dans les affaires, nous formons un couple. Nous avons 34 ans, tous les deux. Comment le concept est né ? Le concept nous est venu en observant nos mères. Andreas a pensé : « Tiens, nos mamans tricotent pour nous, pourquoi ne pas créer un e-shop et vendre ces superbes créations créées par nos mamans ? ». Nous avons pensé qu’il serait intéressant de développer un business autour de cette idée et depuis nous embauchons des mamans de toute la Grèce. Vos produits sont exclusivement créés par une horde de mamans de la Grèce entière, comment organisez-vous tout ça ? Nos produits sont 100 % faits mains. Des mères de toute la Grèce travaillent à domicile et elles nous envoient les tricots finis. Nous n’avons pas vraiment d’usine car, nous n’utilisons pas de machine à proprement dite. Nous sommes installés dans des locaux assez grands pour pouvoir y intégrer un studio photo, des bureaux, une zone d’emballage, un endroit où stocker les tricots et entreposer la laine, un espace destiné à l’apprentissage des modèles, un autre espace réservé à la couture et une salle de contrôle qualité. Je ne sais pas si nous pouvons considérer nos locaux comme une usine, mais pour nous, c’est simplement chez nous.

Pour Mum’s Handmade, « cosy » c’est forcément grand, chaud et mignon. C’est également une sensation, ce qu’on ressent quand on nous fait un câlin, dans un grand tricot douillet et une tasse de thé face à la cheminée.

Considérez-vous Mum’s Handmade comme une entreprise éthique ? Etait-ce le but de départ ? Je ne sais pas trop pour le côté commerce équitable. Ce que je peux te répondre, c’est que nous sommes fières d’attester que tous les tricots vendus par Mum’s Handmade sont fabriqués main en Grèce. En choisissant d’acheter un tricot original de Mum’s Handmade, vous permettez à nos tricoteurs locaux d’avoir un salaire décent afin de les soutenir, eux et leurs familles. La Grèce n’est pas considérée comme une pays froid, comment sont vos hivers ? La Grèce n’est pas connue comme un pays froid. En réalité, nous avons beaucoup de montagnes et nos hivers durent, en moyenne, de 3 à 4 mois donc ils nous arrivent d’avoir froid, qu’il neige et que les gens aillent faire du ski ou du snowboard. Avec Mum’s Handmade, nous ciblons une clientèle internationale. Quelle est votre définition de « cosy » ? Pour Mum’s Handmade, « cosy » c’est forcément grand, chaud et mignon. C’est également une sensation, ce qu’on ressent quand on nous fait un câlin, dans un grand tricot douillet et une tasse de thé face à la cheminée.

Les conseils capillaires de Vernon François

J’entretiens une relation compliquée avec mes cheveux naturels. Ce n’est pas toujours facile mais j’apprends à les aimer. J’ai fait la connaissance des produits de Vernon François en trainant sur Net-à-Porter. Vernon François est un coiffeur britannique dément qui tend à ouvrir le champ des possibles pour tous types de cheveux et ainsi proposer des produits pour chacune de ses problématiques. Ces produits sont également disponibles sur Vernon François et/ou sur Sephora.com. Les packagings sont simples et les pictogrammes permettent de savoir à quel type de cheveux les produits correspondent. Vernon François est le coiffeur d’Elaine Welteroth, la redac chef de Teen Vogue à la crinière de lionne, de l’actrice de Scandal, Kerry Washington ou encore, de l’actrice kényane Lupita Nyong’o… ça, c’était seulement pour le name dropping. Il m’a paru important de le contacter. Vernon a pris le temps de répondre à toutes mes questions grâce à l’aide précieuse de son assistante de choc, Amber Davies.

Allure

Il y a cinq ans, j’ai arrêté de me défriser les cheveux cependant j’ai toujours du mal à aimer leur texture naturelle. Quelle est la plus grande erreur que font les filles aux cheveux crépus ?  Ce que je constate c’est que les gens utilisent le défrisage afin d’échapper à la vraie problématique : comment prendre soin de ses cheveux. Aucune texture n’est plus difficile à apprivoiser qu’une autre. Comprendre ce qu’il est possible de réaliser avec sa vraie texture de cheveux permet d’avoir une relation positive avec celle-ci. Cela passe par connaître les bons produits et surtout, comment, où et quand les appliquer, avoir les bons outils, les bonnes techniques et reconsidérer ses attentes. C’est pour cette raison que j’ai créée la section LEARN sur mon site. Qu’aimez-vous dans le cheveu texturé ? Les cheveux sont des cheveux. Ils sont tous structurés de la même façon. La différence réside dans la texture, qu’ils soient bouclés, crépus, ondulés, lisses, abimés ou la combinaison de toutes ces catégories. Les individus avec des carnations différentes auront forcément une texture capillaire différente. Mon travail sur les cheveux crépus et bouclés est souvent mis en lumière mais j’aime m’attaquer à tous types de textures. J’apprécie les différentes formes que les cheveux texturés et bouclés peuvent prendre, comment on le ressent mais également comment ils restent en place, comment ils tiennent et évoluent avec le temps, car même un petit frisottis fait partie de la personnalité d’un type de cheveux. Vous aurez une meilleure relation avec vos cheveux si prenez conscience de tout cela et que vous l’acceptez. 

Aucune texture n’est plus difficile à apprivoiser qu’une autre. Comprendre ce qu’il est possible de réaliser avec sa vraie texture de cheveux permet d’avoir une relation positive avec celle-ci. Cela passe par connaître les bons produits et surtout, comment, où et quand les appliquer, avoir les bons outils, les bonnes techniques et reconsidérer ses attentes.

Je porte des tresses la plupart du temps comment puis-je prendre soin de mes cheveux ? Et à propos des locks ? Quand les cheveux sont coiffés, il faut s’assurer que les tresses ne sont pas trop serrées à la racine. Les tractions répétitives engendrent une perte de cheveux et une réduction des cheveux sur les tempes. Ils peuvent également créer des tensions sur le cuir chevelu et causer de la sécheresse. Il est important de les laisser respirer tous les deux à trois mois en changeant de coupe, par exemple. Garder son cuir chevelu hydraté est primordial, mais surtout éviter les produits gras qui obstruent les pores. Une huile naturelle légère fera l’affaire. Elle nourrira, traitera et sera absorbée de la racine à la pointe et c’est bien mieux. Ma gamme de produits propose Scalp Nourishment Braids and Locs Spray ou encore Overnight Repair Treatment Oils. Dormir avec les cheveux couverts d’un bonnet pure soie pour les garder hydrater afin que les tresses et/ou les locks durent plus longtemps et s’emmêlent moins. Pour les locks, je vous suggère d’aller faire un tour sur Sephora.com et VernonFrancois.comAvez-vous remarqué une différence de routines entre les Afro-françaises et les Afro-américaines ? Difficile de généraliser les routines capillaires en fonction de la localisation. Aujourd’hui, nous voyageons tous beaucoup sans compter les réseaux sociaux qui inspirent et éduquent à une très grande échelle. Ils élargissent constamment la conversation autour du cheveu. Pour moi, les cheveux sont des cheveux et généraliser d’un point de vue géographique n’est plus valable de nos jours.

Stencia Yambogaza / Rencontre avec une passionnée qui fait rimer danse et photographie

Stencia a un truc. Un truc difficile à décrire au premier abord et c’est sûrement ce qu’elle s’amuse à rechercher chez l’autre. Ce truc qui nous caractérise. Ce truc qui nous rend spécial. Ce truc qui n’a pas réellement de nom mais, qui nous appartient. Un je-ne-sais-quoi d’unique. Avec sa série photo intitulée « Beautiful People : What Is Beauty ? », la beauté, de son point de vue, devient diverse sans forcément être cul cul. Parfois, elle se manifeste par un rire, un regard, un mouvement… Danseuse, photographe et Perebisou, Stencia Yambogaza n’est définitivement pas comme les autres. Son compte Instagram abonde de clichés grave léchés. On aimerait tout lui voler : son style, sa désinvolture et son assurance. A seulement 23 ans, Stencia ne danse pas comme les autres, ne photographie pas comme les autres et ça fait un bien fou. Membre de la House of Yamamoto, elle apparaît dans la campagne Adidas Originals x Urban Outfiters, le label américain hyper branché, une ode décomplexée au voguing. Entre Lyon et Paris, la slasheuse s’est prêtée au jeu des questions-réponses et AWK Studio est content.

Perebisou

Qui est Stencia Yambogaza alias Perebisou? Ah ah, très bonne question. Stencia et Perebisou sont les mêmes personnes finalement ! Ce qu’il faut retenir, c’est que je suis une jeune femme de 23 ans originaire de Lyon, nomade entre Lyon et Paris. Et surtout que je suis photographe et danseuse. « perebisou » c’est la Stencia photographe, et puis Stencia, c’est l’artiste dans sa globalité (oui, je parle de moi à la troisième personne). Tu es danseuse et photographe, quel est le lien selon toi entre ces deux disciplines ? Ce sont deux choses foncièrement différentes pour moi : la danse, c’est l’expression du corps, parfois avec l’esprit. C’est le lâcher-prise total, c’est se reconnecter avec soi-même et se connecter avec les autres en même temps. C’est parler, sans dire un mot. La photographie, c’est capturer une fraction de seconde, et transmettre quelque chose. Cependant, la chose qui lie la photographie à la danse, c’est le ressenti. Au final, on ressent les choses aussi bien en dansant qu’en prenant une photo ou en la regardant. 

Cependant, la chose qui lie la photographie à la danse, c’est le ressenti. Au final, on ressent les choses aussi bien en dansant qu’en prenant une photo ou en la regardant. 

J’ai lu dans la bio que tu appartenais à la House of Yamamoto. J’ai tout de suite pensé au film « Paris is Burning » et à la culture Voguing, est-ce le cas ?  La New Fashion House of YAMAMOTO, c’est le nom de ma « Vogue Family », de ma House. Mon Father, c’est Aviance YAMAMOTO, et ma Mother, c’est Rim YAMAMOTO. Nous sommes une House Européenne, c’est-à-dire qu’il y a le Paris Chapter (dont je fais partie avec Hanabi YAMAMOTO, Hakeem YAMAMOTO et Jesus YAMAMOTO) et dont Rim est la Mother. Et il y a le European Chapter et les membres sont un peu partout en Europe : Italie, Suède, UK, République Tchèque, Allemagne, etc. J’ai intégré la House en mai dernier et l’on a fait notre sortie officielle lors du Awards Ball en juillet dernier. 

Tu peux m’expliquer ce qui se cache vraiment derrière la House of Yamamoto ? Pour être honnête, la House est arrivée au moment parfait : j’étais en période de transition, je venais de me faire virer de mon école (thug life) et je devais gérer pas mal de choses pas très cool. Intégrer la House m’a permis de relever la tête, d’aller de l’avant et d’apprendre de nouvelles choses qui me servent au quotidien. Et c’est un choix que je ne regrette pas. On est comme une vraie famille maintenant : on a nos moments de joie et nos moments de galères, on a nos coups de gueule et nos moments de tendresse. Et c’est ça qui est cool. Je m’y retrouve parce que au-delà du Vogue, on se sert les coudes dans la vraie vie. Et ça, c’est beau. 

Intégrer la House m’a permis de relever la tête, d’aller de l’avant et d’apprendre de nouvelles choses qui me servent au quotidien. Et c’est un choix que je ne regrette pas.

Une apparition dans une publicité Urban Outfitters et Adidas, qu’est-ce que cela représente pour vous de faire partie d’un projet aussi high level ? Comment sont-ils venus vous trouver ? C’est assez cool ! Même très très cool ! C’est ma Mother (Rim YAMAMOTO) qui, étant la chorégraphe du projet, m’en a parlée. Mon profil a plu et puis… voilà. Je garde de cette journée de très bons souvenirs : c’était vraiment le feu, on s’est tapé de grosses barres toute la journée, l’équipe d’UO était vraiment cool, non franchement très bon souvenir ! Quels sont vos projets (expositions, spots publicitaires…) pour la suite ? Je prépare la fin et le début de l’année doucement mais très sûrement ! Il y a pas mal de choses sur le feu pour 2018, je préfère ne pas trop en parler pour le moment mais j’en parlerai très prochainement sur mes réseaux sociaux !

Perebisou

Comment est né le projet « Beautiful people, What is beauty » et pourquoi il t’a paru important de te lancer ? J’ai commencé le projet « Beautiful People : What Is Beauty ? »en 2015, au moment où j’allais m’installer à Paris. En fait, ce projet est né d’une réflexion faite à force de traîner sur Instagram : j’avais envie de comprendre l’essence de la beauté. Les réseaux sociaux c’est cool, mais très souvent cela contribue à nous renvoyer une image faussée de soi et la comparaison avec l’Autre est très facile. Grâce à ce projet, j’ai compris que la beauté pouvait être beaucoup de choses : une personne, un sentiment ressenti spontanément, un élément immatériel, ou même une chose, une grimace. A travers ce projet, j’ai envie de partager ma perception de la beauté et montrer qu’elle n’a pas qu’un seul aspect/visage. La beauté a plusieurs couleurs, plusieurs formes, plusieurs cultures. Elle se trouve aussi dans nos imperfections, dans les choses que l’on n’aime pas chez soi, dans notre vulnérabilité aussi, dans le fait de lâcher-prise…