Les dents du bonheur

@fentybeauty

Tout est merveilleusement travaillé, Fenty Beauty est en phase de détrôner, en un laps de temps, KKW et Kylie Cosmetics grâce à une approche universelle de la beauté. Il suffit d’aller sur le site, les mannequins ont toutes quelque chose d’étrangement beau. Rihanna s’est volontairement entourée de filles qui ont toutes un défaut aux yeux de l’industrie de la beauté et/ou de la société et qui en font un atout majeur, une singularité dans cet océan de mannequins banales. Je suis littéralement tombée sous le charme de Simone Thompson alias Slick Woods, de son crâne rasé rouquin, de ses lèvres pleines et de ses dents du bonheur. Tout le monde se l’arrache : Calvin Klein, Yeezy et bien sûr, FentyxPuma. Rihanna a réussi à sortir son épingle du jeu. On sent ce désir de proposer autre chose que ce qui se fait déjà et c’est dommage que Sephora France ne comprenne pas réellement la portée de cette ouverture. J’ai, personnellement, fait le choix de ne pas me fournir chez Sephora et ce malgré les frais de port. La femme noire consomme des produits de beauté bien plus que la moyenne nationale, c’est un fait. Rihanna connaît sa clientèle et je crois que les marques plus installées telles que Nars, MAC, L’Oréal Paris, Maybelline… ont un vrai coup de chaud. 40 carnations ? Vous avez bien entendu 40 carnations, de la plus claire à la plus foncée. Pas juste 2 ou 3 teintes qui ressemblent à s’y méprendre à de la gouache. Ici, on parle de 40. C’est une révolution en soit de pouvoir trouver sa juste teinte et surtout que toutes celles qui galéraient auparavant puissent être enfin représentées. J’ai été émue par la réaction d’une jeune femme albinos heureuse de se sentir incluse. C’est ce à quoi le maquillage sert, à offrir des outils afin de rehausser la beauté naturelle.

Glossier : « Body positivity » ou le droit de se mettre à poil ?

@glossier

J’ai un immense respect pour Emily Weiss, elle a su capitaliser autour de Into The Gloss et ainsi créer un empire. Glossier, sa marque de cosmétiques, comprend les attentes de toutes les femmes qui achètent des produits de beauté plus responsables pour l’environnement et pour la peau. Nous avons toutes le même problème, celui d’avoir un grain de peau super et Glossier est là pour cela. Les packagings sont beaux et simples et surtout les modèles qui représentent la marque nous ressemblent. D’ailleurs, pour toutes celles qui veulent se fournir avant qu’ils ne livrent enfin en France, la marque s’est installée chez Colette jusqu’au 20 décembre 2017. J’ai hâte. Glossier a réussi là où les campagnes gnan gnan de Dove ont pêché. Le concept de Body Positivity me plaît dans les faits et me semble ici authentique mais je me suis posée cette question en regardant les affiches : Est-ce que body positivity rime forcément avec nudité ? Body Hero est une gamme qui comprend huile de douche et crème, tout ce qu’il faut pour nourrir son épiderme au quotidien, mais je crois qu’il est important d’en discuter. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je n’ai jamais pensé que les femmes rondes ne pouvaient pas se dénuder. Je considère qu’elles ont autant le droit de le faire que les plus minces cependant pour être honnête, je trouve qu’en 2017, il n’y a plus rien d’original dans la nudité mais rien du tout. Bien sûr, que la communication de Glossier se base sur cette idée fondamentale que la beauté est universel mais je m’interroge surtout depuis que tout le monde se met à poil sur les réseaux sociaux !

Soleil bleu

@paolakudacki @papermagazine

Une réelle épiphanie comme il m’en arrive peu. Je suis fascinée par la pureté de la carnation de Duckie Thot qui vire un tantinet vers le bleu sur la couverture. Son taux de mélanine pète les scores. Le mannequin australo-soudanais est l’illustration même du raisonnement absurde de l’industrie. En négligeant allègrement de glorifier la différence, les mannequins noirs sont considérés comme étant des porte-manteaux interchangeables. Elle s’est trompée dès le départ, la beauté ne peut pas être standardisée. Il n’en existe pas une seule mais bien une multitude. Je suis fascinée par la diversité des teintes de noir. Je crois qu’il compte autant de teintes de noir que de noirs sur cette planète. C’est intéressant, la manière dont la lumière embrasse la couleur de la peau pour ne plus vouloir s’en séparer. En fait, c’est magique et magnétique. Cette couverture est magique et magnétique en tous points. Je comprends désormais mieux la fascination que suscite le simple fait d’être noir parce qu’il s’agit, avant tout, d’une histoire d’amour exclusive avec le soleil. Paper Magazine est illuminé par un soleil bleu.

Solange, l’audacieuse

@paigecampbelllinden

Milan est colorée, Paris est coco, Londres est excentrique et New York est audacieuse. Deux fois par an, pendant plus d’une semaine, chacune de ces villes s’expriment à sa façon et rivalisent de charme. Une bataille de street style est lancée. La Fashion Week de New York est, à mon sens, la plus intéressante. J’ai l’impression qu’à New York plus qu’ailleurs, il n’y a pas de règle, il faut marquer le coup, faire un truc complètement fou pour se démarquer de la foule sans forcément jouer la carte de l’ostentation car l’air de rien le minimaliste à la Calvin Klein est encore de rigueur. À mon avis, c’est l’endroit où il faut être et faire preuve de créativité sans tomber dans les clichés car New York est trépidante, rêveuse et cosmopolite. Bien sûr que ce n’est pas le meilleur style capillaire de Solange Knowles cependant il a le mérite d’être temporaire et de ne pas passer inaperçu. Il n’aurait pas eu le même intérêt à Paris. C’est effectivement ce qui rend son approche de la mode captivante. C’est recherché, sans trop l’être, arty mais facile à porter et platine sans être plastique. Ce n’est jamais trop, jamais tiré à quatre épingles, sans jamais se compromettre tout en restant effortless. De plus, Solange Knowles Ferguson arrive à faire un clin d’oeil à ses racines africaines et ça, c’est surement le statement le plus cool de la semaine de la mode.