Inspiration look / The Supremes – la robe à sequins

The Supremes

Les années 60, une décennie que j’affectionne d’un point de vue culturel, politique et mais, également du point de vue de la libération de la femme. Ils seront à tout jamais marqué par la Motown et sa soul aseptisée. Les Supremes sont l’archétype par excellence du groupe féminin, la recette qui a cartonné et qui continue à inspirer les producteurs. Les paroles sont niaises, pas trop profondes, les refrains sont répétitifs, les déhanchements sont chaloupés et les tenues sont hors du commun, tout a été fait pour plaire à un public mainstream, à la fois noir et blanc. Et ça, c’était nouveau à l’époque. Je voue une certaine admiration pour les groupes féminins, pour l’économie qu’ils génèrent mais également pour l’image qu’ils projettent de la femme moderne. Que ce soit TLC, Destiny’s Child, les Spice Girls ou encore les Supremes, elles ont marqué les esprits avec leurs uniformes à la fois coordonnés et travaillés selon la position attribuée. Aujourd’hui, on sent un retour de l’esthétisme des années 60, du clinquant et de l’ostentation avec un naturel à la Diana Ross. A AWK Studio, on ne voulait pas s’éloigner de la base et on a bien sûr imaginé un total look Supremes. Une robe à sequins accompagnée de lèvres nudes, d’un regard de biche souligné d’un crayon blanc et de cils XXL pour ouvrir l’oeil au maximum et d’un bob archi-bouffant, impossible de la porter autrement. Je sais que ça peut paraître superficiel cependant The Supremes ont su personnifier ce style à la perfection à un tel point que la robe à sequins fait partie des intemporels des fêtes de fin d’années. Tout est dans l’exagération et ça, ne se démode pas.  Balmain, Tom Ford, J.Crew, Asos… toutes les marques proposent sa propre version du sequin. Tantôt en bottes, en pantalon, en petites touches pour le jour ou rétro-futuriste en robe longue pour le soir, le sequin n’a jamais quitté le vestiaire des fêtes de fin d’années et ça donne envie de s’y mettre.

Inspiration Beauté / Minnie Riperton – Adventures in Paradise

Minnie Riperton – Adventures in Paradise

Les années 70 ont marqué à jamais l’histoire de la musique. En effet, c’est une décennie d’expérimentations et la discographie Minnie Riperton appartient à cette époque florissante. On sent la touche intemporelle dans ses productions. Partie à seulement 31 ans suite à un cancer du sein foudroyant, elle nous aura gracié avant son départ d’une ballade inégalable intitulée Lovin’ You sortie en 1975. Je ne pense pas qu’à l’époque, elle était consciente de l’impact qu’aurait eu sa courte carrière sur ses contemporains. Mariah Carey en est l’une des principales bénéficiaires ainsi que la chanteuse américaine, Tamia et dernièrement, Solange qui puise allègrement dans son vestiaire artistique. De Come to My Garden, en passant par l’inoubliable Perfect Angel et du plus mature Adventures in Paradise, elle expérimentait les styles et s’amusait avec son afro. Les visuels de Adventures in Paradise sont de loin les plus incroyables. L’afro y est orné de fleurs. Le regard est lumineux et romantique. Les lèvres sont à peine brillantes. Le teint est naturel et la mine rafraichissante. Minnie a posé les bases d’une soul teintée de funk, à la fois sensuelle, décomplexée et authentique. Elle a, également, su sortir son épingle du jeu en matière de beauté. Minnie aurait eu 70 ans. Une icône au style léger, frais et fleuri, partie trop tôt.

Inspiration beauté / Janet Jackson Rhythm Nation 1814

Rhythm Nation 1814 – Janet Jackson

Janet Jackson est la quintessence de l’icône et une encyclopédie beauté à elle seule. Je comprends désormais ce qu’elle représente vraiment. Son 4ème album, Rhythm Nation 1814, a 28 ans et pourtant, il a installé les prémices d’un nouveau genre, à la fois irrévérencieux, furieusement féminin et complètement hargneux. Il a marqué plus d’une génération. Elle y abordera des thèmes récurrents tels que le racisme en passant par les discriminations sociales et économiques, les abus de substances illicites en tous genres et sa quête perpétuelle d’indépendance en tant que femme et artiste. Il sonne tellement actuel. Janet est l’exemple de l’émancipation de la petite soeur qui a percé selon ses propres règles. Les visuels de Rhythm Nation 1814 sont dingues. Janet y apparaît les sourcils pleins, les joues marquées par un blush rougeâtre posé tel un coup de rasoir, les lèvres laquées d’un rouge coquelicot et le teint nude, sans aucune imperfection. Le regard cerné de noir est intimidant et la coupe de cheveux en impose. Tout est tellement moderne et pourtant ça date du début des années 90. Son attitude est sombre et sa multitude de breloques en jette. Janet maitrise le style rebelle à la perfection. Sa touche vestimentaire et beauté traversent les époques et son charisme se bonifie avec le temps. J’ai tout entendu à son propos et ce que je trouve d’autant plus injuste, c’est le qualificatif de Madonna noire. C’est incorrect. Janet a imposé bien plus que des looks signatures, elle a refusé le star system et basé sa carrière sur une humilité et une sincérité à toute épreuve. Au-delà du son, ses styles correspondent à ce qu’elle voulait véhiculer et c’est pour cette raison que Rhythm Nation 1814 est d’autant plus fort aujourd’hui.

La campagne afro-optimiste de Casting Crème Gloss de L’Oréal Paris Brasil

@iza @loreal

Je suis tombée sur le clip promotionnel d’Iza, une chanteuse afro-brésilienne, sorti en septembre dernier pour la marque de cosmétiques la plus populaire au monde, L’Oréal Paris. Il y a enfin tout ce qu’il faut : un son entraînant, un message féministe, une pléthore de têtes connues du grand public brésilien et des visuels plutôt pop. La campagne Casting Crème Gloss de L’Oréal Paris Brasil a voulu frapper fort en dégainant le casting de la mort. La chanteuse Iza en compagnie de Tais Araújo, Flavia Pavanelli et Ju Nalu, elles aussi représentantes de la marque, scandent à tout va « Esse Brilho E Meu – Cet éclat est le mien ». En faisant appel à une porte-parole noire à la peau foncée, faut pas rêver une mais pas deux, la publicité entérine sensiblement des années de White Washing. Un procédé consistant à ne dépeindre qu’une catégorie de personnes, de surcroît blanche, à l’écran donnant ainsi une image faussée de la réelle proportion de noirs dans la société brésilienne. Régulièrement accusée d’éclaircir ses égéries, L’Oréal a fait tout le contraire. Oui, une femme noire non afro-américaine a enfin le premier rôle dans une publicité au Brésil. Soyons clairs, ce n’est pas souvent que cela arrive. Les cheveux tressés, la peau ébène et les hanches développées, Iza semble être une version peu originale de Beyoncé, Nicki Minaj, Rihanna et tout ce que le baile funk peut offrir de vulgaire mais on fera avec. Je n’ai pas été intriguée par cette pop édulcorée qui sonne un peu faux parfois mais elle a le mérite de répondre à nos interrogations : oui nous sommes assez belles pour apparaître à l’écran, non notre peau n’a pas besoin d’être plus claire pour être attrayante, oui nous aussi nous pouvons voir des filles qui nous ressemblent sur les produits que nous achetons… enfin le dernier, je ne suis pas encore certaine que ça se fasse vite, encore un petit pas. C’est étrange de s’extasier devant quelque chose qui devrait être de l’ordre de la normalité mais nous en sommes arrivés là. En association avec Casting Crème Gloss de L’Oréal, Iza propose de quoi rajeunir la marque et capter ces consommatrices aux teints non conventionnels qui n’attendent que ça, être prises pour de réelles consommatrices. En fin de compte, tout le monde y gagne.