Azzedine Alaïa, le dernier grand couturier

Azzedine Alaïa

Qu’est-ce que nous savons réellement de la mode ? Je veux dire par là que la mode n’a rien intéressant à part, peut-être, les gens qui la font. Je crois qu’il est important de savoir bien s’habiller, je crois aux vertus thérapeutiques d’une bonne sape mais,  je crois davantage qu’il existe des gens tellement amoureux d’autres gens qui sont prêts à leur dédier leur existence au point de disparaître complètement derrière leurs créations. L’attitude d’un grand couturier, petit par la taille mais grand en créativité a été celle-ci. Sa carrière a été brillante et son travail perdura. Les sandales et ses robes sculpturales Alaïa sont de pures merveilles. Les gens continueront de porter du Alaïa comme ils continuent de porter du Dior, du YSL, du Alexander McQueen… Mon hommage, ici, se doit d’être double. Il s’appelait Azzedine. Il a été sans-papiers. De nos jours, Azzedine est un prénom stigmatisé et d’une façon ou d’une autre, ça fait du bien de le lire accolé à un destin hors du commun. En tant que première génération, je suis fière que ce franco-tunisien ait gardé son identité et qu’il ne se soit pas caché derrière un blaze fancy ou d’aristo et ce, jusqu’à sa mort. C’est là que la mode prend tout son sens. Je n’ai pas connu Azzedine Alaïa personnellement et j’aurais aimé. Il y a tellement d’illustres personnes qui sont parties trop tôt, que j’aurais aimé rencontrer. Azzedine Alaïa a été et restera le symbole de la France que j’aime, une France gagnante. Je ne crois pas qu’il faille être grand, blanc, blond et/ou s’appeler tous les patronymes qui font bon genre pour avoir bon goût. Azzedine nous l’a prouvé et, je lui dis merci. Au revoir, Habibi !

Yeah! I’m that b*tch!

New York Magazine

J’aime Cardi B. Cardi B me met de bonne humeur. Cette semaine, la jeune femme de 25 ans a pris la pose pour le New York Magazine. Rien que ça. Les clichés sont signés Hassan Hajjaj. Le photographe marocain, surnommé l’Andy Warhol de Marrakech, a immortalisé l’ex-stripteaseuse, vineuse, star de télé-réalité et désormais rappeuse. C’est hyper bling-bling, clinquant, voire vulgaire à souhait. On sait tous que Cardi B n’incarne pas ce style épuré à l’européenne, cette simplicité à l’italienne et on ne lui demande pas cela. Elle est sûrement tout ce que l’on a longtemps rejeté, la fille des bas quartiers, mais on ne peut pas le nier, elle a un truc magnétique. Elle représente toutes ces filles paumées mais complètement délires du Bronx et ça fait du bien. Je n’ai pas écouté son morceau phare, Bodak Yellow, et les extraits que j’ai pu entendre ne volent, à mon sens, pas bien haut. Je ne pense pas que ce soit une rappeuse exceptionnelle malgré un numéro 1 au Billboard Hot 100. Au fond, on sent fout qu’elle mette b*tch à toutes les sauces, qu’elle ne sache pas prononcer la plupart des mots du dictionnaire ou qu’elle soit excessive, Belcalis Almanzar alias Cardi B est flamboyante, libre et cool et se fout de ce que l’on peut bien penser d’elle. Ce qu’on retient, c’est son visage, sa voix, on apprécie voir ses amygdales à chaque fois qu’elle sort la langue plus que ses divers talents cachés. Dans cette société où tout semble calculé dans les moindres détails, Cardi B propose que ce qui lui manque, de la spontanéité.

Inspiration Beauté / Minnie Riperton – Adventures in Paradise

Minnie Riperton – Adventures in Paradise

Les années 70 ont marqué à jamais l’histoire de la musique. En effet, c’est une décennie d’expérimentations et la discographie Minnie Riperton appartient à cette époque florissante. On sent la touche intemporelle dans ses productions. Partie à seulement 31 ans suite à un cancer du sein foudroyant, elle nous aura gracié avant son départ d’une ballade inégalable intitulée Lovin’ You sortie en 1975. Je ne pense pas qu’à l’époque, elle était consciente de l’impact qu’aurait eu sa courte carrière sur ses contemporains. Mariah Carey en est l’une des principales bénéficiaires ainsi que la chanteuse américaine, Tamia et dernièrement, Solange qui puise allègrement dans son vestiaire artistique. De Come to My Garden, en passant par l’inoubliable Perfect Angel et du plus mature Adventures in Paradise, elle expérimentait les styles et s’amusait avec son afro. Les visuels de Adventures in Paradise sont de loin les plus incroyables. L’afro y est orné de fleurs. Le regard est lumineux et romantique. Les lèvres sont à peine brillantes. Le teint est naturel et la mine rafraichissante. Minnie a posé les bases d’une soul teintée de funk, à la fois sensuelle, décomplexée et authentique. Elle a, également, su sortir son épingle du jeu en matière de beauté. Minnie aurait eu 70 ans. Une icône au style léger, frais et fleuri, partie trop tôt.

La française est-elle seulement blanche, parisienne et conne ?

Crédits : Harry Gruyaert

Paris est une marque. De Jeanne Damas à Lauren Bastide en passant par Audrey Diwan, ces auteurs bobos perpétuent le caractère mythique de la parisienne blanche, cultivée et prétentieuse. Celle, blonde ou brune au choix, qui boit son café noir en terrasse, cigarette à la main, dès 10 heures du mat, se bourre de pain, tout en citant Baudelaire en baisant et bla bla bla… Alors pour ne pas frustrer l’imaginaire de sa base, Canal Plus propose une série écrite par Zabou Breitman, Paris etc. Création originale, mon oeil. La bande-annonce n’annonce rien, elle donne juste la nausée. Et, on accorde des subventions pour ça ?! Quand les Américains nous dopent à la Queen Sugar, Insecure, Master of None… c’est surréaliste. Je pense sincèrement qu’il n’y a pas de saine compétition et de diversité, que les auteurs français ne sont pas en phase avec la réalité du coin de la rue. La déconnexion avec notre société qui vit des changements sociaux, économiques et politiques est flagrante. Sur papier, Paris etc. se veut révolutionnaire et tente de tordre le cou aux clichés concernant la parisienne parfaite tout en les perpétuant. Cette fois, elle dit « merde », plus elle le dit en foutant une pêche à son interlocuteur plus c’est mignon. Personnellement, je suis agacée par ces Zabou & co qui ne bougent pas leurs fesses de Montmartre et/ou du Marais. Je pensais qu’il serait impossible en 2017 d’écrire autant d’inepties et de qualifier ces anachronismes de nouveaux, de féministes, de métissées, de créatifs et pire, d’originaux. Quand est-ce que la télévision française commencera à ouvrir les yeux, en toute honnêteté, sur ce monde en pleine mutation et proposera d’autres narrations, sans tomber dans la victimisation ? Paris est l’une des villes les plus multiculturelles du globe, il y a un tas de femmes, un tas d’histoires de femmes et des milliers de manières d’être parisienne. Je regarde rarement les séries françaises et je comprends pourquoi ça ne décolle pas. Je crois que c’est un élément de réflexion, depuis le temps qu’on le rabâche. Juste à côté, on est pas obligé d’aller si loin, les Anglais, les Espagnols et les Allemands ont trouvé la formule. Paris etc. est une comédie romantique déclinée en série, diffusée sur une chaine que plus personne ne calcule. Archaïque, ridicule et snobe, assez pour ne pas aller plus loin.