Inspiration look / The Supremes – la robe à sequins

The Supremes

Les années 60 est une décennie que j’affectionne d’un point de vue culturel, politique et mais, également du point de vue de la libération de la femme. Ils seront à tout jamais marqué par la Motown et par une soul aseptisée. Les Supremes sont l’archétype du groupe féminin, la recette qui a cartonné et qui continue d’ailleurs. Les paroles sont niaises, les refrains sont répétitifs, les déhanchements sont chaloupés et les tenues sont hors du commun, tout a été fait pour plaire à un public à la fois noir et blanc. Et ça, c’était nouveau. Je voue une certaine admiration pour les groupes féminins, pour l’économie qu’ils génèrent mais également pour l’image qu’ils projettent de la femme moderne. Que ce soit TLC, Destiny’s Childs, les Spice Girls ou encore les Supremes, elles ont marqué les esprits avec leurs uniformes à la fois coordonnés et travaillés selon la position attribuée. Aujourd’hui, on sent un retour de l’esthétisme des années 60, du clinquant et de l’ostentation avec un naturel à la Diana Ross. A AWK Studio, on ne voulait pas s’éloigner de la base et on l’a bien sûr imaginé un total look Supremes. Une robe à sequins accompagnée de lèvres nudes, d’un regard de biche souligné d’un crayon blanc et de cils XXL pour ouvrir l’oeil au maximum et d’un bob archi-bouffant, impossible de la porter autrement. Je sais que ça peut paraître superficiel cependant The Supremes ont su personnifier ce style à la perfection à un tel point que la robe à sequins fait partie des intemporels des fêtes de fin d’années. Tout est dans l’exagération et ça, ne se démode pas.  Balmain, Tom Ford, J.Crew, Asos… toutes les marques proposent sa propre version du sequin. Tantôt rétro-futuriste, en pantalon, en petites touches pour le jour ou en robe longue pour le soir, le sequin n’a jamais quitté le vestiaire des fêtes de fin d’années et ça donne envie de s’y mettre.

Stencia Yambogaza / Rencontre avec une passionnée qui fait rimer danse et photographie

Stencia a un truc. Un truc difficile à décrire au premier abord et c’est sûrement ce qu’elle s’amuse à rechercher chez l’autre. Ce truc qui nous caractérise. Ce truc qui nous rend spécial. Ce truc qui n’a pas réellement de nom mais, qui nous appartient. Un je-ne-sais-quoi d’unique. Avec sa série photo intitulée « Beautiful People : What Is Beauty ? », la beauté, de son point de vue, devient diverse sans forcément être cul cul. Parfois, elle se manifeste par un rire, un regard, un mouvement… Danseuse, photographe et Perebisou, Stencia Yambogaza n’est définitivement pas comme les autres. Son compte Instagram abonde de clichés grave léchés. On aimerait tout lui voler : son style, sa désinvolture et son assurance. A seulement 23 ans, Stencia ne danse pas comme les autres, ne photographie pas comme les autres et ça fait un bien fou. Membre de la House of Yamamoto, elle apparaît dans la campagne Adidas Originals x Urban Outfiters, le label américain hyper branché, une ode décomplexée au voguing. Entre Lyon et Paris, la slasheuse s’est prêtée au jeu des questions-réponses et AWK Studio est content.

Perebisou

Qui est Stencia Yambogaza alias Perebisou? Ah ah, très bonne question. Stencia et Perebisou sont les mêmes personnes finalement ! Ce qu’il faut retenir, c’est que je suis une jeune femme de 23 ans originaire de Lyon, nomade entre Lyon et Paris. Et surtout que je suis photographe et danseuse. « perebisou » c’est la Stencia photographe, et puis Stencia, c’est l’artiste dans sa globalité (oui, je parle de moi à la troisième personne). Tu es danseuse et photographe, quel est le lien selon toi entre ces deux disciplines ? Ce sont deux choses foncièrement différentes pour moi : la danse, c’est l’expression du corps, parfois avec l’esprit. C’est le lâcher-prise total, c’est se reconnecter avec soi-même et se connecter avec les autres en même temps. C’est parler, sans dire un mot. La photographie, c’est capturer une fraction de seconde, et transmettre quelque chose. Cependant, la chose qui lie la photographie à la danse, c’est le ressenti. Au final, on ressent les choses aussi bien en dansant qu’en prenant une photo ou en la regardant. 

Cependant, la chose qui lie la photographie à la danse, c’est le ressenti. Au final, on ressent les choses aussi bien en dansant qu’en prenant une photo ou en la regardant. 

J’ai lu dans la bio que tu appartenais à la House of Yamamoto. J’ai tout de suite pensé au film « Paris is Burning » et à la culture Voguing, est-ce le cas ?  La New Fashion House of YAMAMOTO, c’est le nom de ma « Vogue Family », de ma House. Mon Father, c’est Aviance YAMAMOTO, et ma Mother, c’est Rim YAMAMOTO. Nous sommes une House Européenne, c’est-à-dire qu’il y a le Paris Chapter (dont je fais partie avec Hanabi YAMAMOTO, Hakeem YAMAMOTO et Jesus YAMAMOTO) et dont Rim est la Mother. Et il y a le European Chapter et les membres sont un peu partout en Europe : Italie, Suède, UK, République Tchèque, Allemagne, etc. J’ai intégré la House en mai dernier et l’on a fait notre sortie officielle lors du Awards Ball en juillet dernier. 

Tu peux m’expliquer ce qui se cache vraiment derrière la House of Yamamoto ? Pour être honnête, la House est arrivée au moment parfait : j’étais en période de transition, je venais de me faire virer de mon école (thug life) et je devais gérer pas mal de choses pas très cool. Intégrer la House m’a permis de relever la tête, d’aller de l’avant et d’apprendre de nouvelles choses qui me servent au quotidien. Et c’est un choix que je ne regrette pas. On est comme une vraie famille maintenant : on a nos moments de joie et nos moments de galères, on a nos coups de gueule et nos moments de tendresse. Et c’est ça qui est cool. Je m’y retrouve parce que au-delà du Vogue, on se sert les coudes dans la vraie vie. Et ça, c’est beau. 

Intégrer la House m’a permis de relever la tête, d’aller de l’avant et d’apprendre de nouvelles choses qui me servent au quotidien. Et c’est un choix que je ne regrette pas.

Une apparition dans une publicité Urban Outfitters et Adidas, qu’est-ce que cela représente pour vous de faire partie d’un projet aussi high level ? Comment sont-ils venus vous trouver ? C’est assez cool ! Même très très cool ! C’est ma Mother (Rim YAMAMOTO) qui, étant la chorégraphe du projet, m’en a parlée. Mon profil a plu et puis… voilà. Je garde de cette journée de très bons souvenirs : c’était vraiment le feu, on s’est tapé de grosses barres toute la journée, l’équipe d’UO était vraiment cool, non franchement très bon souvenir ! Quels sont vos projets (expositions, spots publicitaires…) pour la suite ? Je prépare la fin et le début de l’année doucement mais très sûrement ! Il y a pas mal de choses sur le feu pour 2018, je préfère ne pas trop en parler pour le moment mais j’en parlerai très prochainement sur mes réseaux sociaux !

Perebisou

Comment est né le projet « Beautiful people, What is beauty » et pourquoi il t’a paru important de te lancer ? J’ai commencé le projet « Beautiful People : What Is Beauty ? »en 2015, au moment où j’allais m’installer à Paris. En fait, ce projet est né d’une réflexion faite à force de traîner sur Instagram : j’avais envie de comprendre l’essence de la beauté. Les réseaux sociaux c’est cool, mais très souvent cela contribue à nous renvoyer une image faussée de soi et la comparaison avec l’Autre est très facile. Grâce à ce projet, j’ai compris que la beauté pouvait être beaucoup de choses : une personne, un sentiment ressenti spontanément, un élément immatériel, ou même une chose, une grimace. A travers ce projet, j’ai envie de partager ma perception de la beauté et montrer qu’elle n’a pas qu’un seul aspect/visage. La beauté a plusieurs couleurs, plusieurs formes, plusieurs cultures. Elle se trouve aussi dans nos imperfections, dans les choses que l’on n’aime pas chez soi, dans notre vulnérabilité aussi, dans le fait de lâcher-prise… 

FUCK YOU, FUCK YOU, FUUUUCK YOU

Seka

Chorégraphe et directrice artistique de la fanfare afro-féministes 30 nuances de noir-e-s, Sandra Sainte Rose et sa formation ont enflammé, ce week-end, La Villette. « FUCK YOU, FUCK YOU, FUUUUCK YOU », elles le répéteront sans sourciller et vêtues d’or et d’argent comme pour nous rappeler que briller, c’est également exister. Elles savent qu’elles ont plus de facilité à se faire entendre en chantant qu’en parlant. Cette organisation artistique a pour vocation d’ouvrir les yeux sur le manque de représentation de la femme racisée dans l’espace public. Dans une société qui ne les voit pas, elles ont décidé d’être vu et de faire autant de bruit possible. Pendant de 40 minutes, la formation revisite le répertoire de Fela Kuti, le musicien, militant nigérian et créateur de l’afro-beat, entre autres. Un combat permanent et une excellente initiative.

Azzedine Alaïa, le dernier grand couturier

Azzedine Alaïa

Qu’est-ce que nous savons réellement de la mode ? Je veux dire par là que la mode n’a rien intéressant à part, peut-être, les gens qui la font. Je crois qu’il est important de savoir bien s’habiller, je crois aux vertus thérapeutiques d’une bonne sape mais,  je crois davantage qu’il existe des gens tellement amoureux d’autres gens qui sont prêts à leur dédier leur existence au point de disparaître complètement derrière leurs créations. L’attitude d’un grand couturier, petit par la taille mais grand en créativité a été celle-ci. Sa carrière a été brillante et son travail perdura. Les sandales et ses robes sculpturales Alaïa sont de pures merveilles. Les gens continueront de porter du Alaïa comme ils continuent de porter du Dior, du YSL, du Alexander McQueen… Mon hommage, ici, se doit d’être double. Il s’appelait Azzedine. Il a été sans-papiers. De nos jours, Azzedine est un prénom stigmatisé et d’une façon ou d’une autre, ça fait du bien de le lire accolé à un destin hors du commun. En tant que première génération, je suis fière que ce franco-tunisien ait gardé son identité et qu’il ne se soit pas caché derrière un blaze fancy ou d’aristo et ce, jusqu’à sa mort. C’est là que la mode prend tout son sens. Je n’ai pas connu Azzedine Alaïa personnellement et j’aurais aimé. Il y a tellement d’illustres personnes qui sont parties trop tôt, que j’aurais aimé rencontrer. Azzedine Alaïa a été et restera le symbole de la France que j’aime, une France gagnante. Je ne crois pas qu’il faille être grand, blanc, blond et/ou s’appeler tous les patronymes qui font bon genre pour avoir bon goût. Azzedine nous l’a prouvé et, je lui dis merci. Au revoir, Habibi !